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Éducation : des syndicats dénoncent la grève de l’IS-MENA et choisissent le dialogue

Le ministre d’État, ministre de la Fonction publique et de la modernisation de l’administration, Anne Désirée Ouloto, a reçu en audience, mardi 1er avril 2025, des responsables syndicaux du secteur de l’éducation nationale. Lors de cette rencontre tenue à son cabinet au Plateau, ces syndicats ont marqué leur désaccord avec le mot d’ordre de grève lancé par l’intersyndicale du ministère de l’éducation nationale et de l’alphabétisation (IS-MENA), dirigée par Bli Blé.


LE CHOIX DE LA NÉGOCIATION PLUTÔT QUE DE LA CONFRONTATION

Conscients de l’importance du dialogue social dans la gestion des revendications professionnelles, ces syndicats rappellent que les avancées obtenues dans le passé en faveur des enseignants ont toujours été le fruit de discussions responsables avec les autorités gouvernementales.
Ekoun Kouassi, secrétaire général du Synesci et porte-parole des syndicats lors de cette audience, a tenu à clarifier leur position :
« Nous réaffirmons notre totale confiance en madame la ministre d’État et au gouvernement. Nous nous inscrivons résolument dans la voie du dialogue, dans un cadre respectueux et constructif, afin d’obtenir des solutions durables pour les enseignants. »
En réponse, Anne Désirée Ouloto a salué cette posture et a rappelé les engagements du gouvernement en faveur de l’amélioration des conditions de vie des fonctionnaires.
« Le gouvernement a démontré à plusieurs reprises sa volonté de prendre en compte les préoccupations des enseignants. Les nombreuses mesures prises en août 2022, à l’issue des négociations ayant conduit à la signature de la deuxième trêve sociale, en sont la preuve. »
Elle a souligné les avancées majeures obtenues par le corps enseignant, notamment : la prime ADO, l’indemnité contributive au logement désormais accordée à tous les fonctionnaires, la revalorisation de la prime de transport, étendue aux fonctionnaires en poste à l’intérieur du pays, le relèvement de l’allocation familiale.

UN REVIREMENT INCOMPRÉHENSIBLE DE BLI BLÉ

Lors de la rencontre, Bli Blé avait pourtant paraphé le communiqué final et s’était engagé à consulter sa base avant de faire un retour aux autorités. Contre toute attente, il a préféré annoncer une grève reconductible via les réseaux sociaux, plutôt que de poursuivre les échanges avec le gouvernement.
Ce revirement brusque soulève des interrogations au sein du corps syndical.
« Que cache cette grève illégale qui ne respecte pas les procédures légales en vigueur ? S’agit-il réellement d’une revendication professionnelle ou d’une action à des fins politiques ? » s’interroge un responsable syndical.
D’autres rappellent que Bli Blé est admis à la retraite depuis le 31 décembre 2024 et remettent en question sa légitimité à diriger un mouvement au nom des enseignants encore en activité.
« Comment peut-il parler au nom d’un syndicat sectoriel de fonctionnaires alors qu’il est lui-même retraité ? »

APPEL AU CALME ET À LA RESPONSABILITÉ

Face à cette situation, Anne Désirée Ouloto a tenu à rassurer les enseignants sur la poursuite du dialogue social et l’engagement du gouvernement à examiner leurs préoccupations.
« Nous avons toujours fait preuve d’ouverture et de disponibilité pour écouter et dialoguer avec les syndicats. Les acquis obtenus en témoignent. Nous appelons donc à la responsabilité et à la concertation pour éviter des perturbations inutiles dans notre système éducatif. »

 

TKF