Afrikexpress– Ils possèdent des voix exceptionnelles, des performances scéniques indiscutables et un talent reconnu de tous. Pourtant, Lionel, Essy, Mary Jo, Sarah Liz, Rocky Gold et même Mula ne connaissent pas toujours le succès escompté. Média Prime, s’est demandé pourquoi les chanteurs et chanteuses à voix peinent-ils à s’imposer dans l’industrie musicale ivoirienne ?
Des barrières financières étouffantes
Pour Essy, la réponse est claire : « Les difficultés que nous rencontrons sont d’ordre financier : financement de la production, de la promotion. Le coût de la communication est excessivement cher. » Même constat du côté de Sarah Liz, qui rappelle que « tout est payant : radios, réseaux sociaux, TikTok. On peut mettre de nombreux millions et la chanson peut ne pas décoller. »
Le poids des tendances musicales
Lionel va plus loin en dénonçant la place marginale accordée aux chanteurs à voix. « Aujourd’hui, être chanteur à voix, on a l’impression que c’est un handicap. Le public ivoirien aime le sensationnel. Il faut faire de l’ambiance pour être invité à des évènements. Nous, on nous demande de jouer les guignols. » Selon lui, l’absence de producteurs et de mécènes fragilise encore plus ce type d’artistes, au profit de courants plus commerciaux comme le rap ivoire ou la musique d’ambiance.
Quelques lueurs d’espoir
Tous ne partagent pas ce constat pessimiste. Mula estime être dans une « configuration parfaite » grâce à son producteur Serge Beynaud, qui lui a offert un cadre structuré et un accompagnement solide.
Mary Jo, quant à elle, croit en la force des équipes soudées : « Les choses avancent plus quand l’artiste se contente de créer et est entouré d’un staff professionnel, avec chacun un rôle bien défini. »
Une industrie en mutation
Rocky Gold pointe un problème plus global : « C’est l’univers musical ivoirien en lui-même qui a changé. La tendance actuelle, ce sont des chansons sans grand contenu. Les médias sont friands de buzz et de clashs entre artistes. » Pour elle, le manque de managers expérimentés, capables de structurer des carrières et d’ouvrir des portes, constitue un frein majeur.
Entre talent et stratégie
Ce qui ressort de ces témoignages, c’est qu’au-delà du talent, réussir dans la musique ivoirienne nécessite des moyens financiers, un accompagnement professionnel, et parfois, une dose de chance. Dans un paysage dominé par les sons festifs et les stratégies de buzz, les voix pures et puissantes cherchent encore leur place.
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