L’incarcération de Prince Arthur Dalli, Maire de Lakota, a ouvert une boîte de Pandore de la commune. Entre une administration municipale qui cherche ses marques et des conseillers fidèles au maire déchu, la méfiance s’installe. Le courrier du 1er adjoint au Préfet est devenu l’étincelle d’une crise interne qui ne dit pas encore son nom.
Il y a la loi, et il y a l’émotion. En adressant une note officielle au Préfet du département ce lundi 9 février, Kouakou Kan Alexis, 1er adjoint au maire, a choisi le camp de la procédure. Face à l’absence prolongée de Prince Arthur Dalli — détenu depuis le 23 janvier suite à une affaire liée à ses activités au sein du PPA-CI — l’adjoint s’interroge : comment gérer une commune sans sa tête pensante ?
Dans sa missive, il sollicite l’avis de la Direction Générale de la Décentralisation (DGDDL). Une démarche qui, sur le papier, relève de la saine gestion, mais qui, sur le terrain politique, passe pour un acte de défiance, voire une tentative de « putsch » administratif.
La réaction ne s’est pas fait attendre. Pour une grande partie des conseillers municipaux, la priorité n’est pas aux textes de loi, mais à la solidarité. Ces derniers dénoncent une manœuvre visant à acter trop vite la fin de l’ère Dalli.
« Vouloir organiser la suite alors que le Maire est encore en pleine bataille judiciaire est une trahison », s’indigne un proche du dossier sous couvert d’anonymat.
Pour les frondeurs, l’heure devrait être au recueillement et à la mobilisation. Ils prônent la patience et la « prière », refusant de voir le fauteuil de leur leader faire l’objet de convoitises avant même qu’une condamnation définitive ou qu’une décision de suspension officielle ne soit tombée.
Ce bras de fer illustre la fragilité des exécutifs locaux face aux aléas judiciaires. Si le 1er adjoint invoque l’analyse faite avec le Secrétaire Général de la mairie le 6 février dernier, il se retrouve aujourd’hui isolé face à une base qui refuse de tourner la page.
Le Préfet de Lakota, désormais en possession du dossier, se retrouve dans une position délicate. Son rôle sera de trancher :
Doit-il maintenir le statu quo au risque de paralyser l’administration municipale ?
Ou doit-il engager la procédure d’intérim, au risque d’exacerber les tensions sociales dans une commune déjà meurtrie par l’arrestation de son maire ?
À Lakota, le climat est lourd. Derrière les courriers administratifs se joue une bataille de légitimité qui pourrait laisser des traces durables au sein de la municipalité.
BS
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