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Haut-Sassandra : le SAVOD-CI renforce sa présence locale pour une filière aurifère plus transparente

Les délégués du District Sassandra-Marahoué, Belem Issaka et Konaté Abdoulaye, ainsi que celui de la région du Haut-Sassandra, Abdoulaye, ont été officiellement installés le 11 février 2026 à Daloa (Ouest de la Côte d’Ivoire) en qualité de représentants locaux du Syndicat des Acheteurs et Vendeurs d’Or de Côte d’Ivoire (SAVOD-CI).

La cérémonie s’est déroulée en présence du préfet intérimaire du département de Daloa, Gbei Keipo Emmanuel ; de Mme Dié Rita Nadège, représentant le Directeur général des Mines et de la Géologie ; de la 6e adjointe au maire de Daloa, Mme Dosso Madjor ; du président national du SAVOD-CI, Soumahoro Ibrahima ; du procureur de la République près le tribunal de Daloa ; des chefs traditionnels et guides religieux ; des opérateurs économiques ; du commandant adjoint du GS-LOI ; des autorités militaires et sécuritaires de la région du Haut-Sassandra, ainsi que du comité des sages du SAVOD-CI.

Prenant la parole, le président national du SAVOD-CI, Soumahoro Ibrahima, a lancé un appel fort à l’engagement :

« Je lance un appel à chacun de nous : que cette investiture soit le point de départ d’un engagement renouvelé. Que chaque délégué, chaque membre du SAVOD-CI devienne un ambassadeur de la légalité, un défenseur de la transparence et un bâtisseur de prospérité. Ensemble, nous pouvons transformer notre secteur. Ensemble, nous pouvons offrir à la Côte d’Ivoire une exploitation minière digne, respectueuse et porteuse de développement. »

Selon lui, l’investiture des délégués du Haut-Sassandra constitue une étape décisive dans le déploiement du syndicat.

« Elle marque notre volonté de bâtir une filière minière transparente, légale et prospère. Mais au-delà des mots, c’est par nos actes que nous devons convaincre. Nous devons rester unis, solidaires et déterminés. Nous devons travailler main dans la main avec l’État, les autorités locales, les forces de défense et de sécurité, les chefs traditionnels et religieux, ainsi que la société civile. La lutte contre l’orpaillage illégal n’est pas seulement une bataille économique ; c’est une bataille pour l’avenir de notre pays, pour la préservation de nos ressources et pour la dignité de nos communautés », a-t-il affirmé.

Il a conclu en soulignant qu’une exploitation minière saine et encadrée par les textes est bénéfique à tous. Les recettes fiscales générées permettront, selon lui, de financer des infrastructures et de soutenir le développement national. « Notre objectif est clair : défendre nos intérêts et protéger notre secteur, longtemps fragilisé par la clandestinité et l’orpaillage illégal. Nous avons choisi de nous unir, car nous savons que l’union fait la force », a-t-il insisté.

De son côté, la représentante du Directeur général des Mines et de la Géologie a souligné l’importance stratégique de la rencontre. Si la filière or et diamant offre d’importantes opportunités économiques, elle reste exposée à des risques majeurs : fraude, circuits informels, contrebande, blanchiment de capitaux et financement d’activités illicites.

Elle a insisté sur la nécessité d’un strict respect des textes réglementaires encadrant l’achat et la vente de l’or et du diamant bruts, ainsi que sur la responsabilité centrale des acheteurs agréés dans la transparence et la traçabilité du secteur. Elle a également rappelé les obligations légales : identification des clients, traçabilité des flux financiers, déclaration des opérations suspectes, recours exclusif aux circuits financiers officiels et conservation rigoureuse des documents réglementaires.

« Ces mesures ne sont pas des contraintes inutiles. Elles constituent des outils essentiels pour protéger la filière, préserver sa crédibilité et garantir son intégration durable dans l’économie formelle nationale et internationale », a-t-elle précisé.

S’adressant aux nouveaux délégués, Mme Dié Nadège a souligné que la confiance placée en eux constitue une véritable mission. Ils devront encadrer les acteurs locaux, diffuser les bonnes pratiques et veiller au respect strict de la réglementation, contribuant ainsi à la lutte contre la fraude et le blanchiment.

Le préfet intérimaire de Daloa a, pour sa part, salué « une initiative qui constitue un instrument de partage et de développement », tout en exhortant les acteurs à redoubler d’efforts dans la lutte contre l’orpaillage clandestin, le sous-développement et la pauvreté.

Les échanges ont permis de mettre en lumière les défis du secteur tout en renforçant la vision commune d’un commerce de l’or et du diamant plus transparent et mieux structuré en Côte d’Ivoire, particulièrement dans la région du Haut-Sassandra.

Les délégués investis ont, à leur tour, exprimé leur reconnaissance aux autorités administratives et à leur hiérarchie, promettant de mener avec rigueur et détermination la mission qui leur est confiée.

Aly OUATTARA, Correspondant

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