À l’occasion de la traditionnelle cérémonie de présentation des vœux, le Chef d’État-major Général des Armées a décliné ce mardi 17 février 2026, les grandes orientations de l’outil de défense ivoirien. Entre exigence de disponibilité opérationnelle et renforcement du pacte social, le Général de Corps d’Armée Lassina Doumbia trace les contours d’une armée moderne et proactive.
Le décor était celui de la salle Téné Birahima Ouattara, au sein de l’Hôtel des Armées. Mais derrière le protocole des vœux de nouvel an, c’est un véritable « pacte de performance » que le Général Lassina Doumbia a proposé à ses troupes pour l’année 2026. Pour le Chef d’État-major, l’étape de la restructuration est désormais derrière les Forces Armées de Côte d’Ivoire (FACI). L’année 2026 marque l’entrée dans une phase de maturité où l’armée doit pleinement jouer son rôle de garant de la souveraineté. « Nous passons d’une armée qui s’est relevée à une armée qui s’assume pleinement, consciente de sa force, de sa responsabilité et du rôle central qui est le sien », a affirmé le général.
« Les exercices devront éprouver les hommes, habituer les unités à la fatigue, à l’incertitude et à la coordination »
Ce passage à un niveau supérieur de préparation implique que la disponibilité opérationnelle ne soit plus une exception, mais l’état permanent des forces. Le Général Doumbia veut des troupes capables de répondre « sans délai et en toute circonstance ». Pour y parvenir, il préconise une immersion totale. « L’entraînement sera intensifié et conduit dans des conditions proches du réel. Les exercices devront éprouver les hommes, habituer les unités à la fatigue, à l’incertitude et à la coordination », a-t-il recommandé.
Cette rigueur s’accompagne d’une exigence de gestion. Le patron des armées a rappelé que les équipements, qualifiés de « matériels de la Nation », imposent une responsabilité accrue dans leur entretien et leur suivi. L’une des directives majeures de cette année concerne le style de commandement. Le Général Lassina Doumbia a fustigé le commandement à distance, rappelant que « l’autorité ne se délègue pas ». Il attend des officiers une présence physique et morale constante auprès de leurs subordonnés. L’anticipation est l’autre mot d’ordre. Plutôt que de subir la menace, l’armée ivoirienne doit la prévenir. Pour cela, le CEMGA mise sur l’intelligence du terrain. « Celle-ci tient de l’observation du terrain, du renseignement de proximité et de la connaissance de l’environnement humain », a-t-il souligné.
« Une armée demeure forte lorsque chaque soldat sait que l’institution le protège autant qu’elle l’engage »
Conscient que la force d’une armée réside dans son moral, le général a réaffirmé son engagement à poursuivre la transformation juridique et humaine de l’institution. Les réformes sociales resteront au cœur des priorités en 2026. « Une armée demeure forte lorsque chaque soldat sait que l’institution le protège autant qu’elle l’engage », a-t-il déclaré, mettant un accent particulier sur le suivi psychologique des blessés de guerre. En concluant son propos par un appel à la discipline pour renforcer le lien Armée-Nation, le Général Lassina Doumbia a réitéré sa loyauté au Chef Suprême des Armées, le Président de la République, ainsi qu’au Ministre de la Défense. 2026 sera, à n’en point douter, l’année de la consolidation de la « fierté retrouvée » des soldats ivoiriens.
Georges Badiel
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