Face à une courbe de mortalité routière qui s’affole depuis l’aube de la nouvelle année, les ministres Amadou Koné (Transports) et le Général Vagondo Diomandé (Intérieur et Sécurité) ont scellé, ce mercredi 18 février 2026, un « pacte de fer ». L’objectif est de substituer la répression chirurgicale à la sensibilisation pédagogique pour briser la spirale du sang sur les routes ivoiriennes.

C’est avec une mine grave et des statistiques glaçantes qu’Amadou Koné a ouvert la séance. Depuis le 1er janvier 2026, la Côte d’Ivoire déplore en moyenne quatre décès quotidiens liés aux accidents de la circulation. Un bilan insoutenable pour le gouvernement, qui refuse de voir le bitume se transformer en cimetière à ciel ouvert. Pour le ministre des Transports, ce « décompte macabre » n’est pas une fatalité, mais le résultat d’une faillite comportementale et mécanique qu’il convient de traiter par la racine.
« Nous traquons désormais les ‘’cercueils roulants’’ avec une précision millimétrée »
La grande innovation de cette offensive réside dans le passage à « l’interception intelligente ». Amadou Koné a présenté à son homologue un dispositif technologique de pointe : une plateforme numérique intégrée, accessible via des terminaux mobiles de nouvelle génération. Grâce à cet outil, le contrôle routier change de paradigme. En quelques secondes, l’agent de police accède à l’ADN numérique du véhicule : « validité de la visite technique et historique des défaillances, statut de l’assurance en temps réel, historique des infractions et antécédents du conducteur ». « Nous traquons désormais les ‘’cercueils roulants’’ avec une précision millimétrée », a martelé Amadou Koné. Cette numérisation vise à éradiquer la fraude documentaire et à retirer immédiatement de la circulation tout véhicule présentant un risque majeur.
« Un mort, c’est un mort de trop »
Si la technologie est le scalpel, le Général Vagondo Diomandé entend en être le bras armé. Avec la franchise martiale qui le caractérise, le ministre de l’Intérieur a pointé du doigt l’incivisme des usagers, mais aussi la « légèreté » persistante de certains agents sur le terrain. « Un mort, c’est un mort de trop. Il n’y aura plus de répit, plus de passe-droit », a-t-il prévenu. Une attention particulière sera portée aux engins à deux et trois roues, responsables de plus d’un tiers des accidents mortels. Surcharge, conduite sous l’empire d’un état alcoolique et excès de vitesse sont désormais dans le viseur des brigades spéciales de sécurité routière, dont les effectifs seront drastiquement renforcés sur les axes stratégiques.
Cette synergie entre les Transports et l’Intérieur marque le lancement d’une vaste opération de reconquête de l’espace routier. En réactivant la Commission Nationale de Sécurité Routière et en plaçant les transporteurs devant leurs responsabilités, l’Exécutif espère provoquer un électrochoc durable.
Georges Badiel
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