Accueil Non classé Abidjan — La crise du logement éclate au grand jour

Abidjan — La crise du logement éclate au grand jour

Dans une métropole où la croissance immobilière dépasse largement celle des revenus, une mobilisation citoyenne choisit de briser le silence. Face à la presse nationale et internationale, le mouvement Les Chapeaux Rouges a lancé un avertissement sans ambiguïté : la situation du logement est devenue socialement insoutenable.
Aujourd’hui, se loger dans la capitale économique n’est plus un acte banal, mais une épreuve financière permanente. Les loyers d’un studio varient désormais entre 120 000 et 250 000 FCFA selon les communes. Les appartements se négocient entre 250 000 et 750 000 FCFA, tandis que les villas dépassent fréquemment le million de francs CFA. Dans le même temps, le salaire minimum interprofessionnel garanti demeure fixé à 75 000 FCFA, accentuant un fossé préoccupant entre revenus et coût de la vie.
Créé le 5 décembre 2025, le mouvement se présente comme citoyen, apolitique et temporaire. Sa mission consiste à placer la question du logement au cœur du débat public et à organiser, pour la première fois depuis l’indépendance de la Côte d’Ivoire, une marche civique républicaine indépendante de tout parti politique. Prévue pour le 28 février 2026, cette mobilisation pacifique vise à dénoncer la spéculation immobilière et les pratiques jugées abusives envers les locataires.
Selon le président du mouvement, Cahie Kunta, la question du logement dépasse les clivages idéologiques. Elle relève avant tout du respect d’un droit fondamental. À ses yeux, faire du logement un produit de luxe revient à fragiliser le pacte social et républicain.
Souhaitant agir dans un cadre strictement légal, le mouvement a déposé une demande officielle le 30 janvier 2026 et rencontré les autorités préfectorales le 4 février. La marche a été validée, sous réserve de la définition de l’itinéraire et de la coordination sécuritaire avec les forces de l’ordre.
Au-delà de la contestation, les Chapeaux Rouges proposent plusieurs mesures concrètes : encadrer les loyers selon les communes, créer un organisme public de régulation entre locataires et propriétaires, instaurer un contrôle effectif des loyers et des conditions d’habitation, et désengorger progressivement la capitale économique par la délocalisation d’administrations publiques.
Le mouvement reconnaît les efforts déjà engagés par l’État, notamment la limitation légale de la caution et de l’avance à deux mois ainsi que les programmes de logements sociaux. Mais il estime que ces initiatives restent insuffisantes face à la pression démographique et au déficit structurel en logements accessibles.
Autre message fort de la conférence : l’appel aux personnalités publiques. Artistes, sportifs, élus et chefs d’entreprise sont invités à prendre position, le silence étant perçu comme une forme de normalisation de l’injustice.
Avec cette mobilisation, la question du logement s’impose désormais comme un enjeu majeur du débat public. Le 28 février prochain pourrait marquer un tournant citoyen inédit : une marche sans bannière politique, portée par une revendication commune — le droit de vivre dignement.

TKF

Views: 27

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici