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Côte d’Ivoire Énergies face aux coupures : Noumory Sidibé explique une “limite de capacité” liée à la forte demande

Les coupures d’électricité à répétition observées ces derniers temps en Côte d’Ivoire trouvent leur origine dans une pression accrue sur le réseau électrique, selon Noumory Sidibé, Directeur général de Côte d’Ivoire Énergies. Dans une intervention explicative, il met en lumière les choix stratégiques de l’État et les défis techniques qui en découlent.
Un choix politique : l’accès à l’électricité pour tous


D’entrée, le responsable souligne que la situation actuelle est la conséquence d’une orientation assumée par l’État ivoirien sous la gouvernance du Président Alassane Ouattara.
« L’idée était de démocratiser l’accès à l’électricité », explique-t-il.
Dans cette dynamique, d’importants investissements ont été consentis pour électrifier de nouvelles localités et accroître les capacités de production, qui ont été plus que doublées. L’objectif : permettre au plus grand nombre de ménages d’accéder à l’électricité dans des délais rapides.
Une pression accrue sur le réseau
Mais cette politique volontariste a une contrepartie technique.
« Cela signifie que nous sommes à la limite de capacité », reconnaît Noumory Sidibé.
Contrairement à certains pays qui limitent les nouveaux raccordements en attendant des infrastructures suffisantes, la Côte d’Ivoire a poursuivi l’extension du réseau, notamment à travers le Programme Électricité Pour Tous (PEPT), avec près de 500 000 nouveaux abonnés raccordés.
Résultat : le système fonctionne à flux tendu. En cas d’incident ou de perturbation extérieure, le réseau devient vulnérable et peut rapidement se déséquilibrer, entraînant des coupures.
Des facteurs aggravants : chaleur et consommation record
À cette situation structurelle s’ajoutent des facteurs conjoncturels.
Depuis près de trois ans, le pays connaît des pics de chaleur inhabituels, ce qui entraîne une hausse significative de la consommation électrique.
« Nous atteignons des niveaux de consommation qui dépassent largement nos prévisions », indique le Directeur général.
Les chiffres illustrent cette tendance : une croissance de la demande estimée entre 6 et 8 % par an, avec des pointes exceptionnelles, notamment une hausse de 14 % enregistrée en février par rapport à la même période l’année précédente.
Production suffisante, réseau sous tension
Contrairement à certaines idées reçues, la Côte d’Ivoire ne souffre pas d’un déficit de production électrique.
« Aujourd’hui, nous n’avons aucune contrainte sur la production », rassure Noumory Sidibé.
Le véritable défi se situe au niveau du transport et de la distribution de l’électricité, c’est-à-dire la capacité du réseau à acheminer l’énergie jusqu’aux consommateurs dans des conditions optimales.
Des solutions en cours jusqu’à 2040
Pour répondre à ces enjeux, des plans directeurs couvrant la période 2022-2040 ont été élaborés. Ils intègrent des projets d’extension du réseau, de modernisation des infrastructures et d’amélioration des automatismes.
Objectif : adapter durablement le système électrique ivoirien à une demande en forte croissance et réduire les risques de déséquilibre.
En attendant la mise en œuvre complète de ces investissements, les autorités appellent à la compréhension des populations face à une situation qui, selon elles, résulte d’un choix stratégique en faveur de l’inclusion énergétique.

 

TKF

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