Les postes de contrôles juxtaposés (PCJ) de Laléraba, localité frontalière entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso, sont désormais opérationnels. L’information a été constatée le 1er avril 2026 dans le nord du pays, après plusieurs années d’attente.

Situées sur un même site, les administrations des deux États — notamment la police, les services d’immigration, les douanes, les services sanitaires et phytosanitaires, les eaux et forêts ainsi que le service de pesage — sont regroupées dans un bâtiment à étage, divisé en deux compartiments. Cette organisation vise à fluidifier les échanges sur le corridor Abidjan–Ouagadougou, à réduire les délais de transit et à renforcer la sécurité transfrontalière, a expliqué Judicaël Gnangbé, directeur des postes juxtaposés de Laléraba.

Construit sur une superficie de 15 hectares dans le cadre d’un partenariat public-privé avec l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), le site dispose d’une capacité d’accueil de 800 véhicules par jour. Il comprend 13 bâtiments équipés de technologies modernes, répartis en plusieurs zones spécialisées : marchandises, scanner et magasin ECOR, hydrocarbures, pesage et contrôle de gabarit, ainsi que le traitement du bétail.
Selon le responsable, les travaux ont été achevés depuis avril 2023 par la société Scanning Systems, concessionnaire de la Commission de l’UEMOA. « Depuis cette date, plusieurs étapes ont été menées de manière méthodique par l’UEMOA, en concertation avec les États, pour aboutir à cette ouverture », a-t-il précisé, ajoutant que l’inauguration officielle est prévue prochainement.
En amont, le préfet du département de Ouangolodougou, Touré Djamatigui, qui a effectué une visite de terrain le 24 mars 2026, s’était félicité de cette mise en service. Selon lui, « cette infrastructure permet désormais d’atteindre les objectifs de fluidité et d’efficacité dans les échanges entre les deux pays ».
Présent lors de cette visite, le représentant résident de Scanning Systems au Burkina Faso, Albert Mané, a également souligné que ce projet était « longtemps attendu par les parties ivoirienne et burkinabè », exprimant sa confiance quant au déploiement complet des administrations burkinabè pour une pleine opérationnalité du site.
De son côté, Ahmed Doumbia, président national de la Confédération des syndicats de conducteurs routiers d’Afrique, a salué cette réalisation. Il estime que ces installations permettront de mettre fin au désordre et à l’insécurité liés aux contrôles routiers, tout en favorisant un gain de temps grâce à la mutualisation des services.
Sur le plan technique, le processus de contrôle repose notamment sur le pesage des véhicules. « Après l’enregistrement, chaque camion est pesé afin de respecter le règlement 14 de l’UEMOA relatif à la charge à l’essieu. En cas de surcharge, des amendes sont appliquées. Ces fonds contribuent à l’entretien du réseau routier », a expliqué Judicaël Gnangbé.
Au niveau opérationnel, Soro Salimata, coordinatrice du trafic côté Burkina Faso, a indiqué être chargée du contrôle des tickets de sortie et du suivi des camions après vérification et paiement des droits.
Par ailleurs, le projet intègre un volet social et environnemental. Il comprend notamment la construction d’un grand restaurant, des dons de médicaments au centre de santé, la distribution de vivres pendant les périodes de jeûne, ainsi que des actions en faveur de l’autonomisation des femmes.
Dans le même élan de développement, le projet d’autoroute Abidjan–Ouagadougou progresse, avec la présence d’équipes de topographes sur le terrain pour les travaux de délimitation. Toutefois, cette avancée suscite des inquiétudes chez certains riverains, notamment des commerçants dont les installations pourraient être impactées.
Malgré ces préoccupations, d’autres habitants appellent à soutenir le projet. « On ne peut accéder au développement sans sacrifices. Cette autoroute est un investissement pour les générations futures », a confié un enseignant à la retraite de Laléraba.
Enfin, il convient de rappeler que deux autres postes de contrôles juxtaposés sont en cours de réalisation aux frontières ivoiro-maliennes, notamment entre Pogo (Côte d’Ivoire) et Zégoua (Mali).
Aly Benogo Ouattara, correspondant régional
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