Le premier Comité Technique du projet d’intégration de la mobilité électrique s’est tenu ce mardi 17 février 2026 à Abidjan. Sous la houlette de l’Unité de Gestion du Projet (UGP) et de ses partenaires internationaux, la feuille de route 2026 a été validée. Entre expérimentations territoriales et réformes tarifaires, le pays pose les jalons d’une révolution de ses transports urbains.
Abidjan ne veut plus seulement rêver de villes vertes ; elle les construit. Ce mardi, au siège de l’Unité de Gestion (UGP), l’ambiance studieuse traduisait l’importance des enjeux. Présidé par Georges Bohoussou, Coordonnateur Principal, ce premier Comité Technique de l’année a permis de ratifier le Plan de Travail et Budget Annuel (PTBA) 2026. Une étape cruciale avant le Comité de Pilotage stratégique prévu ce jeudi 19 février.
Le chemin parcouru depuis le lancement officiel en novembre 2023 au Parc des Expositions témoigne d’une volonté politique forte. Si l’année 2024 a été marquée par des défis administratifs et des délais de décaissement auprès des bailleurs (ONU Environnement, FEM), l’État ivoirien n’est pas resté à l’arrêt. L’année 2025 a été celle de la « reconnaissance de terrain ». L’UGP a tissé un maillage étroit avec les pionniers du secteur privé, notamment l’APEME et des startups innovantes comme Flot ou Grace Mobility. Ce travail de l’ombre permet aujourd’hui de lancer la phase de déploiement avec des fondations solides.
« Il est impératif d’engager un plaidoyer auprès de Côte d’Ivoire Énergie pour adapter le cadre réglementaire »
Le déploiement de cette année ne se limite pas à la capitale économique. La stratégie 2026 repose sur une décentralisation intelligente des solutions de mobilité : Abidjan (Hub de la mobilité légère avec des bornes de recharge stratégiques, notamment à l’aéroport) ; Yamoussoukro (Promotion de la mobilité douce via des vélos électriques et des pistes cyclables dédiées) ; Bouaké & Korhogo (Modernisation du commerce avec des tricycles électriques pour le Marché de Gros et des solutions de chaîne du froid (tricycles réfrigérés) pour l’agropastoral) ; San Pedro & Soubré (Optimisation de la logistique touristique et agricole). L’aspect social n’est pas en reste. Le projet affiche une ambition d’inclusion forte, celle d’intégrer 30 % de femmes et 20 % de jeunes dans les nouveaux métiers de cette économie verte (maintenance, gestion de flotte, services de recharge).
Malgré l’enthousiasme technologique, un verrou majeur demeure : le cadre législatif sur la revente d’électricité. Actuellement, la législation ivoirienne limite la commercialisation de l’énergie par des tiers, ce qui freine l’investissement privé dans les réseaux de bornes de recharge. « Il est impératif d’engager un plaidoyer auprès de Côte d’Ivoire Énergie pour adapter le cadre réglementaire », a martelé le Comité. L’enjeu est de permettre des modèles économiques viables, tels que le « Pay-as-you-go », essentiels pour démocratiser l’usage du véhicule électrique auprès des transporteurs et des particuliers.
« La réussite de ce projet ne dépend pas seulement de la technologie, mais de notre capacité à collaborer »
Le Comité Technique, véritable « tour de contrôle » du projet, réunit les experts des ministères des Transports, de l’Environnement et de l’Énergie. Son rôle est d’assurer la qualité des études techniques et de valider les choix technologiques avant leur mise en œuvre. « La réussite de ce projet ne dépend pas seulement de la technologie, mais de notre capacité à collaborer », a conclu M. Georges Bohoussou. Le rendez-vous est pris pour décembre 2026, date de l’évaluation globale des premiers pilotes. Si les objectifs sont atteints, la Côte d’Ivoire confirmera sa position de leader de la mobilité durable en Afrique de l’Ouest, transformant chaque trajet en un acte de préservation de l’environnement.
Georges Badiel
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