AFRIKEXPRESS- À l’occasion de la cérémonie de présentation des vœux de nouvel an du Front Populaire Ivoirien (FPI), tenue ce samedi au siège du parti, son président, Pascal Affi N’Guessan, a livré une intervention d’une rare gravité, marquée par une autocritique sévère de l’opposition ivoirienne et un constat alarmant sur la situation politique nationale.
Dans un discours empreint de lucidité et de solennité, le président du FPI est revenu sur les tentatives avortées de rassemblement de l’opposition face au pouvoir du RHDP. Rappelant son appel à « mettre fin aux calculs personnels, aux démarches solitaires et aux ambitions sectaires », Pascal Affi N’Guessan a regretté l’incapacité des leaders de l’opposition à s’élever au-dessus des querelles d’ego pour construire une alternative crédible et unifiée.
Il a notamment évoqué son initiative en faveur du Rassemblement pour une Alternance Pacifique Inclusive et Démocratique (RAPID), qu’il souhaitait voir porté par l’ancien président Laurent Gbagbo, en raison de son rang et de son expérience. Une ambition restée sans suite. « Nous avons été incapables de dépasser nos egos », a-t-il reconnu, déplorant l’enfermement des forces d’opposition dans des « logiques de chapelles », la discrimination et l’exclusion.
Le leader du FPI a pointé du doigt l’émiettement de l’opposition, fragmentée entre initiatives concurrentes telles que la Coalition pour l’Alternance Pacifique en Côte d’Ivoire (CAP-Côte d’Ivoire) et le Front commun PPA-CI / PDCI-RDA, sans vision stratégique commune ni coordination opérationnelle. Selon lui, cette absence de synergie a condamné la lutte démocratique « dès les premiers coups de semonce ».
Dans un aveu sans détour, Pascal Affi N’Guessan a déclaré : « Nous avons échoué sur toute la ligne », estimant que les compétences politiques et les capacités morales de l’opposition n’ont pas été à la hauteur des défis historiques du moment.
Au-delà du constat politique, le président du FPI a tenu à souligner les lourdes conséquences humaines de cette situation. Il a exprimé sa « profonde compassion » aux familles endeuillées, sa solidarité avec les prisonniers politiques et réaffirmé l’engagement de son parti à œuvrer pour leur libération.
Sur le plan institutionnel, Pascal Affi N’Guessan a dressé un tableau sombre de la gouvernance actuelle, estimant qu’Alassane Ouattara exerce désormais un pouvoir sans partage sur l’ensemble des institutions du pays.
Cette intervention, à la fois autocritique et grave, retentit comme un appel à une remise en question profonde de l’opposition ivoirienne et à une refondation de la lutte démocratique, dans un contexte politique que le président du FPI juge plus préoccupant que jamais.
BS
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