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Gbagbo réclame une justice « totale » et demande à la CPI de rouvrir le dossier de la crise ivoirienne

Dans une déclaration publique  intitulée « Tant qu’un fait n’est pas jugé totalement, il devient une injustice », l’ancien Président de la République de Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo, revient sur quinze années de crise politico-militaire, de son arrivée au pouvoir en 2000 jusqu’à son acquittement définitif par la Cour Pénale Internationale (CPI) en 2021. L’ancien chef d’État demande l’ouverture d’une enquête complète sur l’ensemble des acteurs de la crise, insistant sur le fait que la vérité et la justice sont les seules conditions d’une paix durable.

Chronologie des événements et le poids de l’injustice

Laurent Gbagbo dresse une chronologie détaillée des événements, rappelant notamment la découverte du charnier de Yopougon en 2000, l’échec de la première tentative d’attaque en janvier 2001, et surtout l’éclatement de la rébellion en septembre 2002, qui a mené à la partition du pays entre le Sud (gouvernement légitime) et le Nord (rebelles).

Il détaille le long « ballet diplomatique » (Accra, Marcoussis, Pretoria) qui s’en est suivi, jusqu’à sa décision de négocier directement avec le chef de la rébellion, Guillaume Soro, pour aboutir à l’Accord de Ouagadougou en 2007. L’ancien Président souligne son insistance sur le désarmement avant l’élection de 2010, un point, selon lui, ignoré par l’ONU, l’Occident et certains partis politiques.

Le contentieux électoral de 2010 et l’arrestation

La déclaration atteint un point culminant avec l’élection présidentielle de 2010. Après un second tour contesté où les deux candidats se déclamaient vainqueurs, Laurent Gbagbo rappelle qu’il fut proclamé vainqueur par le Conseil constitutionnel.

Il dénonce ensuite l’intervention de l’ONU et de la France, citant nommément le Président Nicolas Sarkozy, qui ont remis en cause les résultats et désigné son adversaire, Alassane Ouattara, comme vainqueur. Les combats qui ont suivi se sont soldés, le 11 avril 2011, par le bombardement de sa résidence par l’armée française et les troupes de l’ONU, son arrestation et son transfert à la CPI à La Haye.

L’acquittement et l’appel à une justice globale

Après son incarcération, le procès conjoint avec Charles Blé Goudé et l’acquittement définitif le 31 mars 2021, Laurent Gbagbo estime que la justice n’a été que partiellement rendue.

Il s’interroge avec force : « J’ai été arrêté alors que je ne suis pas le mentor de la rébellion. J’étais le Président légal et légitime, mais c’est moi qui ai été arrêté. Mais quid de tous les autres acteurs de la crise ? »

L’ancien chef d’État soulève des questions fondamentales restées sans réponse :

* Qui a conçu et financé la rébellion ?

* Qui a organisé le génocide Wê ?

* Pourquoi l’ONU et l’Occident ont-ils forcé la tenue de l’élection sans désarmement préalable ?

En conclusion, Laurent Gbagbo annonce avoir chargé son avocat, Maître Emmanuel Altit, de ressaisir la CPI pour « remettre sur la table le problème de la guerre en Côte d’Ivoire ». L’objectif est de faire éclater la vérité pour que justice soit rendue « aux victimes et aux survivants qui attendent, depuis des années, que la vérité soit établie ».

La déclaration se termine par une formule lapidaire : « La vérité est une condition de la paix. » Cette initiative marque une nouvelle étape dans la quête de l’ancien Président pour une résolution complète et impartiale de la crise ivoirienne.

afrikexpress.info

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