À quelques jours des législatives du 27 décembre, la ville de Tiassalé est de nouveau au cœur d’une polémique sur la transhumance électorale. Entre dénonciations virulentes et initiatives municipales suspectes, le député sortant, Antoine Assalé Tiémoko, se retrouve sous le feu des critiques.
Le décor est planté. Ce mercredi 24 décembre 2025, à 14 heures, l’esplanade de la mairie de Tiassalé accueillera l’apothéose des « arbres de Noël » communaux. Si l’événement se veut officiellement caritatif pour « égayer les enfants », le calendrier, lui, interroge. À seulement 72 heures du scrutin législatif, cette célébration est perçue par de nombreux observateurs comme une stratégie de mobilisation, voire de transport, de « grands électeurs » plutôt que de tout-petits.
Le spectre de la transhumance électorale
Selon des informations récurrentes, cette cérémonie, étendue aux villages et campements environnants, servirait de couverture pour acheminer discrètement vers le centre-ville des centaines de personnes enrôlées massivement depuis 2018. L’objectif ? Garantir la victoire du candidat Assalé Tiémoko, candidat à sa propre succession.
Ce scénario rappelle étrangement celui des municipales de septembre 2023. À l’époque, la « semaine culturelle » organisée en août avait vu affluer des convois entiers en provenance de Bacanda, Agnikro ou encore Morokro (village natal du maire). Ces « visiteurs », logés pour certains au sein même de la mairie, avaient alors alimenté les soupçons de fraude par convoyage.
Le paradoxe réside dans la posture du député-maire. Antoine Assalé Tiémoko est connu pour être le premier à dénoncer le convoyage chez ses adversaires. Dans une récente sortie sur les réseaux sociaux, il interpellait avec une précision chirurgicale les électeurs supposément convoyés d’Abobo, Bouaké ou Divo :
> « Nous savons que beaucoup d’entre vous viendront séjourner dans des hôtels à Tiassalé la nuit du 26 décembre […] ou arriveront en cars le matin du 27 décembre. »
>
Une telle précision dans la description du mode opératoire interpelle. Pour ses détracteurs, cette capacité à détailler les mécanismes de la transhumance trahit une « familiarité opérationnelle » avec ces méthodes. En dénonçant avec fracas les pratiques d’autrui, Assalé Tiémoko ne chercherait-il pas à créer un écran de fumée autour de ses propres manœuvres ?
À Tiassalé, la magie de Noël semble cette année indissociable des calculs électoraux. Le déploiement des festivités de la mairie dans les zones rurales les plus reculées est vu comme le prétexte idéal pour mettre à exécution un plan de convoyage bien huilé.
Alors que la campagne officielle s’ouvre, la question reste entière : l’esplanade de la mairie verra-t-elle défiler des enfants impatients de recevoir des cadeaux, ou des électeurs « importés » prêts à glisser leur bulletin dans l’urne le 27 décembre ?
Les populations de Tiassalé, désormais habituées à ces joutes de fin d’année, observent avec méfiance ce ballet politique. Une chose est sûre : le scrutin de samedi s’annonce sous haute surveillance.
Nous y reviendrons
BS
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