Après dix ans de silence scénique, le chantre Aimond Williams a opéré un retour triomphal le samedi 20 décembre 2025. Dans une salle François Lougah comble, l’artiste a prouvé que le temps n’a aucune prise sur le talent véritable, offrant un « Concert d’Or » entre ferveur spirituelle et perfection technique.
Il y avait comme un parfum d’impatience et d’éternité, ce samedi, aux abords du Palais de la Culture. Nul ne voulait manquer ce que beaucoup qualifiaient déjà d’événement de l’année : le grand retour d’Aimond Williams. Dix ans d’absence n’ont en rien entamé l’aura de l’artiste. Preuve en est, les 1 500 places de la salle François Lougah ont trouvé preneurs bien avant le premier coup de baguette de l’orchestre. L’engagement des autorités et des dignitaires a d’ailleurs souligné l’importance culturelle de ce rendez-vous. Sa Majesté Tiémoko Yadé, par l’offre de 500 « tickets d’or », et la ministre de la Culture, avec 100 billets offerts, ont permis à une foule hétéroclite de communier autour de cette voix unique.
À 17 h 03 précise, le rideau s’est levé sur une scénographie millimétrée. Fidèle à sa réputation de perfectionniste, Aimond Williams s’est entouré d’une formation musicale d’élite. L’introduction, magistrale, a préparé le terrain pour l’entrée de l’artiste. Dès les premières notes, le public a été saisi par cette voix « chaude et pénétrante » qui semble, tel un grand cru, s’être bonifiée avec les années. L’hystérie a atteint son paroxysme lorsque les premières mesures de l’emblématique « Laisse les parler » ont résonné. Porté par une mise en lumière subtile et une chorégraphie d’une rare élégance, l’artiste a instantanément rétabli le lien, presque charnel, qui l’unit à ses « aficionados ».
Le concert fut une traversée à travers le temps et les émotions. Avec « L’Éternel te parle », Aimond Williams a démontré ses qualités d’écriture, délivrant un texte profond servi par une interprétation live d’une pureté cristalline. Le public, insatiable, a multiplié les rappels, scandant des « Bisser ! » frénétiques après chaque performance. De l’émouvant « La fille du Maréchal » au tonique « Ne permets pas qu’on se foute de toi » (issu de son dernier single), le chantre a balayé son répertoire en alternant avec brio le français et le Wê, sa langue maternelle.
En une heure de spectacle non-stop, Aimond Williams a rappelé à tous pourquoi il siège au Panthéon de la musique ivoirienne. Ce »Concert d’Or » ne fut pas qu’un simple exercice de nostalgie, mais la démonstration éclatante d’une pertinence artistique intacte.
Georges Badiel
Views: 65










































