Des conditionneurs et exportateurs de mangues fraîches, acteurs majeurs de la filière mangue en Côte d’Ivoire, se sont réunis le 10 mai 2026 au siège d’Inter-Mangue, situé au pied du mont Korhogo, dans le nord du pays, pour dénoncer une décision de la Direction de la protection des végétaux, du contrôle et de la qualité (DPVCQ), relevant du ministère de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières.

Au cœur de la contestation figure la circulaire n°0515/MINADERPV/CAB/DGPSA/DPVCQ du 6 mai 2026, adressée aux acteurs de la filière mangue. Le document, intitulé « Mesures urgentes relatives aux exportations de mangues fraîches vers l’Union européenne au titre de la campagne mangue 2026 », stipule notamment que « la campagne de commercialisation de la mangue fraîche vers les pays de l’Union européenne prend fin le 8 mai 2026 à 22h50 pour les expéditions par navire ».
Une décision qui a provoqué la colère des professionnels du secteur. Selon plusieurs exportateurs et conditionneurs présents à la rencontre, cette mesure constituerait « un traitement à deux vitesses », affirmant que trois opérateurs de la filière ne seraient pas concernés par cette restriction.
Venus des principales régions productrices du bassin de la mangue, notamment le Poro, le Tchologo, la Bagoué et le Hambol, les participants ont exprimé leur mécontentement face à ce qu’ils qualifient de décision « arbitraire ».
« Comment peut-on demander à tous les conditionneurs et exportateurs d’arrêter leurs activités et permettre seulement à trois opérateurs de continuer à exporter leurs mangues vers le marché européen ? Nous avons investi, contracté des prêts bancaires et engagé du personnel. Nous ne sommes pas d’accord », ont-ils déclaré.
Les acteurs de la filière estiment également que cette décision risque d’avoir de lourdes conséquences économiques et sociales. Selon eux, des tonnes de mangues pourraient pourrir dans les vergers, entraînant d’importantes pertes pour les producteurs et des suppressions d’emplois dans les unités de conditionnement.
Face à cette situation, les exportateurs menacent de paralyser les activités de conditionnement et d’exportation dans les prochains jours.
« Soit toute la filière poursuit la campagne jusqu’à la date officielle de clôture, soit tout le monde arrête. Nous n’accepterons pas qu’un seul exportateur soit favorisé au détriment des autres », ont-ils soutenu.
Dans une atmosphère tendue, les responsables des entreprises concernées ont annoncé leur intention d’informer le préfet de la région avant d’engager toute action de protestation.
Très prisée sur le marché international, la mangue ivoirienne occupe une place stratégique dans les exportations agricoles du pays. La Côte d’Ivoire demeure le premier exportateur africain de mangues fraîches et le troisième fournisseur du marché européen, après le Brésil et le Pérou.
Aly Benogo Ouattara, correspondant régional
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