En marge des dossiers institutionnels examinés ce mercredi en Conseil des ministres, l’actualité s’est invitée à la table du gouvernement. L’exécutif s’est penché sur deux communications relatives aux opérations de déguerpissement et aux inondations causées par une saison des pluies particulièrement meurtrière cette année.
Face aux journalistes, le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, a dressé un tableau sombre de la situation tout en déclinant la stratégie de riposte de l’État. Le bilan humain lié aux récentes intempéries s’avère extrêmement lourd pour le pays. « Le Conseil déplore un bilan particulièrement élevé de 59 personnes décédées, alors que nous ne sommes qu’au début de la saison des pluies », a révélé avec regret le porte-parole. Amadou Coulibaly a toutefois mis en lumière un fait notable. Selon lui, aucune victime n’a été enregistrée dans les zones à risque où les consignes de sécurité ont été scrupuleusement respectées par les habitants qui ont consenti à évacuer les lieux.
Cependant, le drame s’est principalement joué là où les mesures de prévention ont été ignorées. Le point noir de cette crise se situe dans la commune d’Attécoubé, qui paye le plus lourd tribut avec une vingtaine de morts, une situation tragique due au fait que les populations ont hélas recolonisé les sites d’où elles avaient pourtant été déplacées auparavant. « Le gouvernement regrette toutes ces victimes et présente ses condoléances aux familles des disparus, et prompt rétablissement aux blessés. Le gouvernement appelle les populations à respecter toutes les mesures de sécurité qui sont édictées, notamment en quittant les zones identifiées comme à risque », a réitéré le porte-parole de l’exécutif.
Pour apporter une réponse durable à cette crise humanitaire et loger dignement les impactés, l’État ivoirien passe à l’action sur le front de l’habitat. Deux sites ont d’ores et déjà été identifiés pour lancer en urgence la construction de 12 000 logements à loyer modéré, un projet d’envergure qui permettra à terme de reloger 60 000 personnes. Ces futures habitations intègrent également les résidents d’autres quartiers jugés critiques, ce qui présage de nouvelles vagues de déguerpissements dans les jours et semaines à venir afin de transférer les populations vers ces espaces sécurisés.
Enfin, pour briser définitivement le cycle des drames à répétition, le gouvernement a annoncé que des investissements structurels seront réalisés sur l’ensemble des zones libérées pour empêcher toute recolonisation future par les riverains.
Georges Badiel
Views: 4





































