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A Bouaké, balai en main et mémoire en tête : une ville en mouvement à l’approche du 7 août

Entre les ordures à ramasser et les mémoires à honorer, Bouaké se prépare à accueillir la fête nationale. Ce samedi 26 juillet, la ville a connu une journée dense, mêlant opération de nettoyage et hommage à une figure oubliée de la police locale. En première ligne : le maire Amadou Koné, l’armée, les policiers et les citoyens.

À Bouaké, ce samedi 26 juillet n’avait rien d’un jour ordinaire. Ni tout à fait politique, ni tout à fait festif, la ville a vibré au rythme des balais, des discours, et des retrouvailles entre forces de l’ordre et population.
La fête de l’indépendance approche, et Bouaké, qui doit accueillir les cérémonies officielles du 7 août, veut se montrer sous son meilleur jour. Dans plusieurs quartiers,

les soldats de l’armée de terre, des jeunes du Réseau des Jeunes Dynamiques de Côte d’Ivoire et des agents municipaux ont retroussé leurs manches pour nettoyer les artères de la ville. Une action collective, concrète, qui dit plus sur l’engagement que n’importe quel slogan.

Au milieu de cette mobilisation, on retrouve le maire de la ville, Amadou Koné, balai en main, sans cravate ni protocole. « La salubrité, c’est une affaire quotidienne. Pas seulement pour les grandes occasions », a-t-il lancé à la volée, entre deux tas d’ordures. Une manière de rappeler que l’indépendance se prépare aussi en acte, sur le terrain.
Mais la journée ne s’est pas arrêtée là. Quelques heures plus tard, direction la Préfecture de Police, où une cérémonie sobre a rebaptisé la Place d’Arme. Elle porte désormais le nom de Ouattara Tiécoura, premier Commissaire Chef de Police de Bouaké. Peu connu du grand public, ce pionnier avait marqué les débuts de la présence policière dans la ville, à une époque où la sécurité n’était pas encore une affaire de gros moyens mais de courage et de proximité.
« Il fallait poser ce geste de mémoire. Parce que nos villes vivent aussi de ceux qui ont fait leur histoire, même discrètement », a déclaré un ancien collègue du défunt commissaire, ému, en marge de la cérémonie.
La rencontre, organisée par le Comité Consultatif d’Éthique (CCE), a aussi permis un échange direct entre policiers et habitants. Pas pour des réclamations ni des procès, mais pour un dialogue : comment mieux vivre ensemble, comment assurer une sécurité partagée, à l’approche de l’élection présidentielle d’octobre.
À Bouaké, la ville semble à la croisée des chemins. D’un côté, les efforts visibles pour offrir une belle image à l’occasion du 65e anniversaire de l’indépendance. De l’autre, des gestes simples qui, mis bout à bout, pourraient bien contribuer à retisser un lien plus fort entre les institutions et les citoyens.

Sercom Amadou Koné

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