Le bilan de la session 2025 des concours administratifs, présenté ce jeudi 5 mars 2026 au Plateau par le Directeur général de la Fonction publique, révèle un paradoxe frappant. Alors que l’attente d’un emploi étatique demeure une priorité pour la jeunesse, le système se heurte à une désaffection critique pour certaines spécialités techniques et à une lutte sans merci contre la fraude documentaire.
L’analyse des chiffres globaux de la dernière session laisse apparaître une faille structurelle au sein de l’appareil de recrutement de l’État. Soro Gninagafol a en effet déploré le fait que, malgré une offre diversifiée de 590 concours, l’administration se retrouve avec 723 postes vacants. Cette situation s’explique par l’absence totale de candidats pour 55 concours spécifiques, aggravée par 31 autres filières qui n’ont produit aucun admis faute de niveau requis. Ce déficit d’attractivité pour les carrières techniques prive ainsi l’État de compétences essentielles, soulignant un décalage entre les profils formés sur le marché et les besoins réels de modernisation des services publics.
Au-delà de ces enjeux de compétences, le Directeur général a mis en lumière un défi d’ordre éthique qui fragilise l’intégrité de l’accès aux emplois publics. Il s’agit de la prolifération des faux diplômes, un phénomène que Soro Gninagafol a dénoncé avec une vive émotion. Il a regretté que des citoyens s’adonnent à la fabrication de titres académiques dépourvus de toute existence légale dans les fichiers des autorités de délivrance. Pour contrer cette dérive, une stratégie de vérification systématique a été instaurée, permettant de débusquer 707 dossiers frauduleux sur les trois dernières années. Cette vigilance s’est traduite par l’interception de 208 faux documents en 2022, suivis de 380 en 2023 et de 119 lors de la dernière année de référence.
La réponse de l’administration à ces tentatives de fraude se veut désormais d’une inflexibilité totale. Le Directeur général a réaffirmé qu’aucune affectation ne serait validée sans une authentification préalable et absolue du diplôme par les services compétents. Cette rigueur administrative est doublée d’une offensive judiciaire, le Procureur de la République ayant été officiellement saisi pour démanteler les réseaux de faussaires qui gravitent autour des examens. Par ces mesures de coercition, le gouvernement entend sanctuariser le mérite et garantir que seuls les candidats dotés de titres authentiques puissent désormais servir la nation ivoirienne.
Georges Badiel
Views: 5





































