Dans un message marqué par un appel à l’apaisement, l’artiste burkinabè Taco la joie dénonce les propos injurieux visant la Côte d’Ivoire et invite ses confrères à privilégier le dialogue entre les deux peuples.
Les artistes ont-ils un rôle à jouer dans l’apaisement des tensions entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso ? Pour Taco la joie, la réponse est sans équivoque. Ils doivent contribuer au rapprochement entre les deux pays plutôt que d’alimenter les divisions. Dans une déclaration relayée sur les réseaux sociaux, l’artiste burkinabè a appelé ses confrères à faire preuve de responsabilité dans leurs prises de parole publiques.
Pour étayer son argumentation, Taco la joie évoque plusieurs exemples historiques illustrant le rôle que peuvent jouer des personnalités non politiques dans le rapprochement entre des pays en difficulté. Il cite notamment le basketteur américain Dennis Rodman, dont les contacts avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un ont contribué à créer des occasions de dialogue entre les États-Unis et la Corée du Nord.
L’artiste rappelle également les tensions qui ont opposé le Mali et le Burkina Faso sous la présidence de Thomas Sankara, notamment lors de la guerre de Noël de décembre 1985. Il évoque, dans ce contexte, le rôle attribué au griot malien Kanja Kouyaté dans les efforts de rapprochement entre les deux peuples.
S’agissant des relations entre Abidjan et Ouagadougou, Taco la joie se dit préoccupé par les prises de position de certains artistes burkinabè. Il estime que leurs déclarations publiques devraient contribuer à calmer les tensions plutôt qu’à les exacerber.
Il cite notamment le cas d’Issouf Manem Yam, au sujet duquel des vidéos circulent sur les réseaux sociaux. Sans remettre en cause le droit de chacun à exprimer ses opinions, Taco la joie considère que la liberté d’expression ne saurait justifier les insultes ou les propos dévalorisants à l’égard d’un pays.
L’artiste attire particulièrement l’attention sur la situation des millions de Burkinabè vivant en Côte d’Ivoire. Selon lui, les personnalités publiques doivent tenir compte des conséquences que leurs déclarations peuvent avoir sur leurs compatriotes établis de l’autre côté de la frontière.
Pour Taco la joie, les liens entre les deux pays dépassent les différends politiques ou les tensions ponctuelles. Il souligne que des Ivoiriens travaillent au Burkina Faso, tandis que des Burkinabè exercent leurs activités en Côte d’Ivoire.
Cette interdépendance économique et humaine constitue, à ses yeux, une réalité incontournable. Il estime ainsi que les artistes devraient s’engager davantage en faveur de la réconciliation, d’autant plus que les populations sont généralement les premières victimes des conflits entre États.
« Ce sont toujours les populations qui subissent les conséquences des conflits », fait-il valoir en substance, invitant les uns et les autres à tirer les leçons de l’histoire, où des pays autrefois opposés ont fini par renouer le dialogue.
Dans la dernière partie de son message, Taco la joie dénonce ce qu’il considère comme une contradiction dans l’attitude de certaines personnes qui dénigrent la Côte d’Ivoire tout en continuant à s’y rendre pour des raisons financières.
Pour lui, il est difficile de condamner publiquement un pays et de continuer, dans le même temps, à y rechercher des opportunités économiques. Une attitude qu’il juge contradictoire et qu’il estime tout aussi inacceptable si les rôles étaient inversés au profit du Burkina Faso.
En conclusion, l’artiste invite ses compatriotes et l’ensemble des acteurs culturels à privilégier la responsabilité, le respect mutuel et la fraternité entre les deux peuples. Son message se termine par une bénédiction adressée au Burkina Faso et à l’Afrique, avec l’espoir de voir les tensions laisser place à la paix et à la réconciliation.
BS
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