AFRIKEXPEESS-Dans un discours enflammé prononcé lors d’un grand meeting organisé par son parti, le PPA-CI, à Yopougon FICGAYO, l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo a vertement dénoncé l’éventualité d’un quatrième mandat du président Alassane Ouattara, qu’il juge illégal, anticonstitutionnel et dangereux pour la démocratie ivoirienne.
Face à des milliers de partisans réunis dans ce fief traditionnel de la gauche ivoirienne, Gbagbo s’est montré incisif, dénonçant à la fois une « soumission » présumée du pouvoir actuel à l’Élysée et une volonté manifeste de verrouiller le jeu électoral.
« On est indépendant ou on lutte pour l’indépendance, mais on n’est pas dépendant de l’Élysée », a-t-il lancé, fustigeant le fait que le président Ouattara ait, selon lui, pris la décision de se représenter après un passage en France. Pour Gbagbo, cette attitude constitue une atteinte grave à la souveraineté de la Côte d’Ivoire.
Le cœur du discours portait sur le rejet catégorique d’un quatrième mandat présidentiel d’Alassane Ouattara, que Gbagbo considère comme une dérive autoritaire.
« Pourquoi quelqu’un va faire 4 mandats en Côte d’Ivoire ? Pourquoi ? », s’est-il interrogé, martelant à plusieurs reprises : « Je refuse, je refuse, je refuse. »
L’ancien chef de l’État a rappelé que la Constitution ivoirienne limite à deux le nombre de mandats présidentiels, qualifiant d’« illégal » le troisième mandat actuellement en cours, et dénonçant toute tentative de prolongation comme une violation manifeste de la loi fondamentale.
« Ils veulent marcher, nous allons marcher aussi. (…) Abidjan est grand », a-t-il déclaré, annonçant une contre-mobilisation pacifique mais déterminée dans les quartiers populaires comme Yopougon ou Marcory, en réponse aux manifestations pro-4ᵉ mandat annoncées par le RHDP.
Le président du PPA-CI a également dénoncé les arrestations récentes de militants de l’opposition, accusant le pouvoir de vouloir détourner l’attention du débat principal : la question du quatrième mandat.
Il a exprimé sa solidarité avec les détenus, tout en précisant que leur libération ne saurait être une monnaie d’échange contre la contestation du projet présidentiel.
« Nous ne lâcherons pas le 4ᵉ mandat pour leur libération », a-t-il affirmé, saluant néanmoins leur combat et appelant à leur libération immédiate.
Selon Gbagbo, le pouvoir tente de « baliser le terrain » électoral en empêchant les principales figures de l’opposition de se présenter. Il a dénoncé l’exclusion de Tidjane Thiam (PDCI), de Guillaume Soro, ainsi que de lui-même, à travers des procédures judiciaires qu’il juge politiquement motivées.
« Qui l’a blagué comme ça ? Tu viens, les deux partis les plus importants de l’opposition, tu enlèves leurs candidats et puis tu te poses… Non, il ne faut pas rêver », a-t-il lancé.
Enfin, Laurent Gbagbo a officialisé sa position : il sera candidat contre le 4ᵉ mandat, si les conditions lui permettent de se présenter. Rejetant le jugement qui le disqualifierait, il a évoqué l’amnistie dont il bénéficie, tout en rappelant ses ambitions pour la Côte d’Ivoire :
relance de l’assurance maladie, éducation, lutte contre le chômage des jeunes, création de banques pour les femmes et les jeunes entrepreneurs, et résorption de la dette nationale, qualifiée de « digba dette ».
BS
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