Accueil A LA UNE Côte d’Ivoire : les députés de l’opposition boycottent la rentrée parlementaire

Côte d’Ivoire : les députés de l’opposition boycottent la rentrée parlementaire

AFRIKEXPRESS-À l’ouverture de la deuxième session ordinaire de l’Assemblée nationale, ce 1er octobre 2025, les députés de l’opposition (PDCI-RDA et PPA-CI) ainsi que les députés non-inscrits, dont Pascal Affi N’Guessan, Assalé Tiémoko et Djè Bi Djè Olivier, ont boycotté la rentrée parlementaire.

Par cette décision, ils entendent dénoncer ce qu’ils qualifient de dérives autocratiques du régime RHDP et d’atteintes graves à la Constitution, aux libertés politiques et à la transparence du processus électoral.

 

Déclaration des députés des groupes parlementaires de l’opposition et des députés non inscrit de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire

 

Monsieur le Président de l’Assemblée nationale,
Chers invités en vos rangs, grades et qualités respectés,
Chers Collègues Députés,

Ce jour ,1er octobre 2025, marque l’ouverture de la deuxième et dernière
session ordinaire de notre mandature, laquelle prendra fin avec l’organisation de nouvelles élections législatives.

Depuis cinq ans, nous légiférons au nom du Peuple souverain de Côte d’Ivoire. En démocratie, les lois que nous adoptons doivent être l’expression de la volonté du peuple et doivent s’inscrire dans la recherche de l’intérêt général.
Suite à la publication de la liste des candidats à l’élection présidentielle
prévue se tenir le 25 octobre 2025, les Députés membres des Groupes
parlementaires PDCI-RDA et PPA-CI à l’Assemblée nationale ainsi que
les Députés non-inscrits que sont l’ancien Premier Ministre Pascal Affi
N’GUESSAN, Monsieur Assalé Tiémoko et Monsieur Djè bi Djè Olivier
tiennent à exprimer leur profonde désapprobation face à la conduite
calamiteuse de ce processus.

En signe de protestation, les Députés de l’Opposition : PDCI-RDA et PPA-
CI ainsi que les Députés non-inscrits décident de ne pas participer à la
cérémonie solennelle de rentrée parlementaire marquant l’ouverture de la
deuxième session de l’année 2025.

Cette décision, lourde mais impérative vise à alerter l’opinion nationale et
internationale sur le fait que le régime RHDP refuse obstinément de créer
les conditions d’une Paix durable et d’une indispensable Cohésion sociale
nécessaires à la consolidation de l’unité de notre jeune Nation la Côte
d’Ivoire.

Par ses agissements, le régime dirigé par le Président Alassane Ouattara
met gravement en péril l’unité nationale et ouvre la voie à des lendemains
incertains. En ignorant les nombreuses alertes données par les Institutions
et Organisations internationales, ce régime expose notre pays aux drames qui avaient endeuillé les familles de nos compatriotes à la suite des
scrutins présidentiels précédents organisés dans les mêmes conditions.

Monsieur le Président,
les Députés de l’Opposition : PDCI-RDA et PPA-CI ainsi que les Députés
non-inscrits ne sauraient se taire face à de telles dérives et se rendre
complices de l’essor progressif d’un régime autocratique en Côte d’Ivoire.
Depuis l’instauration du multipartisme en 1990, la Côte d’Ivoire s’est
engagée sur la voie d’une démocratie fondée sur la diversité d’opinions et
la confrontation pacifique des projets de société.

Pour rappel, l’article 55 de la Constitution de la République de Côte
d’Ivoire prévoit une élection présidentielle tous les cinq ans, avec un
mandat renouvelable une seule fois, afin de permettre au peuple
souverain de choisir librement entre différents modèles de gouvernance.

Ce processus devrait être simple, transparent, inclusif et consensuel,
grâce à la mise en place d’Institutions électorales indépendantes,
impartiales et équilibrées.
De ce fait, le Député, Représentant du Peuple, demeure la clef de voûte
du processus législatif.

L’Exécutif, dans ses missions, fait des projets de loi et conduit la gestion
du pays, le tout, dans le strict respect de la Constitution et des lois.
Or, en cette période électorale, le Pouvoir Exécutif incarné par le RHDP
détourne régulièrement certaines lois pour en faire des instruments
politiques contre ses adversaires. Loin de garantir l’État de droit, il
manipule et interprète à sa guise les textes de lois pour servir des intérêts
partisans.

Aujourd’hui, l’Exécutif manipule les Institutions essentielles du processus
électoral : la CEI, les tribunaux, les forces de sécurité, le Conseil
constitutionnel, afin de s’assurer une nouvelle réélection, illégale car
anticonstitutionnelle, à la tête de l’État par l’intermédiaire d’un système
électoral autocratique.

Face à cette violation répétée des lois et de la Constitution, les Députés
membres des Groupes parlementaires PDCI-RDA et PPA-CI à l’Assemblée nationale ainsi que les Députés non-inscrits, ont décidé, au
nom de la probité législative et du Peuple de Côte d’Ivoire dont ils
assument le mandat, de s’opposer par la présente dénonciation publique.

Nous ne pouvions plus faire l’économie d’une interpellation responsable,
de peur d’être complices devant l’histoire d’une autocratie, par notre
silence face à la violation flagrante de la Constitution et des lois de la
République par le Pouvoir RHDP.
Les preuves de cette dérive :

1. L’inconstitutionnalité flagrante de la décision du Conseil constitutionnel

Le 8 septembre 2025, le Conseil constitutionnel a écarté des Candidats
de l’Opposition en violation manifeste de la Constitution et de sa propre
loi organique. En statuant hors délai (Art. 56 alinéa 2 de la Constitution),
Il méprise l’article 127 alinéa 1 de la Constitution et l’article 37 alinéa 2 de
sa propre loi organique, qui imposent la publication de la liste définitive
des candidats 15 jours avant le premier tour.
Le Conseil constitutionnel ignore également l’article 56 alinéa 4 du Code
électoral qui lui impose d’arrêter et de publier la liste définitive 45 jours
avant le scrutin.
En statuant proprio motu, le Conseil constitutionnel se place au-dessus de
la Constitution et de la loi. Cette forfaiture n’a qu’un seul objectif qui est
celui d’ouvrir un boulevard à un autre quatrième mandat
anticonstitutionnel du Président Alassane Ouattara, conduisant
inéluctablement à l’enlisement du processus électoral.

2. Le verrouillage du processus électoral

– Empêchement des principaux leaders de l’Opposition de participer
à l’élection présidentielle de 2025.
– Opacité du système de parrainage des candidatures. Des candidats
ont été exclus sans possibilité de contester des résultats ne
correspondant pas aux décomptes qu’ils avaient transmis à la CEI.
– Refus de la révision annuelle de la liste électorale au titre de l’année
2025 par la Commission Électorale Indépendante (CEI), malgré
l’allocation de plus de 27 milliards de francs CFA votée par les
Parlementaires au Budget 2025 et l’obligation légale (Art. 2 de la loi
portant Composition, Organisation, Attributions et Fonctionnement
de la Commission Électorale Indépendante et Art. 6 de la loi portant
Code électoral), excluant de fait les nouveaux majeurs et maintenant
la radiation arbitraire de millions de citoyens en bafouant ainsi leur
droit de vote.
– Mépris de la décision du Comité des Droits de l’Homme de l’ONU
garantissant les droits politiques du Président Laurent Gbagbo et du
Président Tidjane Thiam.

3. La répression politique et les atteintes aux Droits Humains validées par les autorités judiciaires

– Arrestations arbitraires et détentions prolongées de responsables
politiques et militants.
– Enlèvements nocturnes avec brutalité au domicile des citoyens et
en pleine rue par des hommes encagoulés pour créer un climat de
peur, caractéristique d’un véritable terrorisme d’État, en vue
d’assurer le passage en force du régime.
– Interrogatoires sans Avocat, séquestrations, aveux forcés et
diffusion de vidéos illégales.
– Criminalisation de toute critique du Gouvernement, y compris sur les
réseaux sociaux. Ce qui est une interprétation erronée de la loi sur
la presse et la communication audiovisuelle adoptée en 2022 malgré
sa dénonciation par les Députés de l’Opposition.

4. La dérive monarchique et autocratique du Pouvoir RHDP

Tout l’appareil d’État, y compris les médias publics, est instrumentalisé
pour servir le Président sortant et son Parti, le RHDP. L’appartenance à
l’Opposition est désormais assimilée à un délit.

Conclusion

Les Députés membres des Groupes parlementaires PDCI-RDA et PPA-
CI à l’Assemblée nationale ainsi que les Députés non-inscrits réaffirment
leur attachement irrévocable aux valeurs fondamentales de la République
face aux velléités de monarchisation de la Côte d’Ivoire.
Les Députés membres des Groupes parlementaires PDCI-RDA et PPA-
CI à l’Assemblée nationale ainsi que les Députés non-inscrits s’engagent,
comme ils l’ont toujours fait dans le cadre de leurs missions, à se tenir aux
côtés du Peuple pour user de tous les moyens strictement démocratiques,
interpellations parlementaires, recours judiciaires, plaidoyers nationaux et
internationaux, sensibilisations et marches citoyennes, afin que la
prochaine élection présidentielle dans notre pays se tienne conformément
à la Constitution et aux lois de la République dans la transparence et sans
exclusion arbitraire.

Fait à Abidjan, le 1er octobre 2025

Pour les Députés membres des Groupes parlementaires PDCI-RDA,
PPA-CI ainsi que les Députés non-inscrits Pascal Affi N’Guessan,
Assalé Tiémoko et Djè Bi Djè Olivier

Views: 34

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici