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Crise au sein de l’opposition : Fabrice Lago (Steve Beko) accuse Simone Gbagbo de « légitimer la répression »

Fabrice Lago alias Steve Beko, cadre du PPA-CI

L’unité fragile de l’opposition ivoirienne a volé en éclats suite à la publication d’une cinglante « Lettre Ouverte » adressée à Madame Simone Ehivet Gbagbo. L’auteur, Fabrice Lago, connu sous le pseudonyme de Steve Beko et stratège de la communication politique au PPA-CI (le parti de Laurent Gbagbo), y dénonce avec virulence la récente déclaration de la présidente du Mouvement des générations capables (MGC).

La polémique est née des propos tenus par Simone Gbagbo après la proclamation des résultats du scrutin, où elle accusait une partie de l’opposition d’avoir, par son « égoïsme et la division », créé un « climat de peur et de violence », offrant ainsi une victoire facile au pouvoir en place. Fabrice Lago, tout en affirmant respecter la liberté de choix de la présidente, a exprimé un profond choc face à cette analyse. Le stratège politique estime que de tels propos vont au-delà d’une simple critique politique : « Non, Madame la Présidente, vous n’avez pas le droit de dire cela ! Ces propos me choquent, car ils semblent justifier la répression brutale, physique et judiciaire qui s’abat aujourd’hui sur ceux qui ont choisi de ne pas participer à une élection qu’ils jugeaient biaisée et illégitime ».

L’auteur de la lettre rappelle à Simone Gbagbo qu’elle-même dénonçait il y a peu les imperfections du processus électoral. Il lui reproche de renier sa propre histoire de lutte en blâmant les acteurs qui ont conservé la position qu’elle défendait hier, particulièrement après sa défaite électorale. « Que vous ayez changé d’avis, soit. Mais vous ne pouvez reprocher à d’autres d’avoir conservé la position que vous défendiez vous-même hier, d’autant que les résultats vous donnent tort puisque vous avez perdu, et lourdement ».

Le point le plus ferme de l’interpellation concerne la question de la violence. Lago récuse l’idée que la violence soit orchestrée par l’opposition et s’inquiète des conséquences de la déclaration de Simone Gbagbo. « Je ne puis accepter que vous accusiez l’opposition d’avoir orchestré la violence. En le disant, vous validez la répression, vous cautionnez les arrestations et vous légitimez la peur », écrit-il. Il cite l’exemple de la marche pacifique du Front Commun à Yopougon le 9 août dernier comme preuve que la violence émane « de ceux qui veulent (empêcher le peuple) de s’exprimer ». Le stratège du PPA-CI fait également un parallèle historique poignant, rappelant à l’ancienne Première Dame ses propres combats : « N’étiez-vous pas l’une des figures du boycott actif de l’élection présidentielle de 1995 ? Faut-il alors dire que vous aviez orchestré la violence et que vous méritiez la prison ? »

La lettre ouverte ne manque pas d’égratigner le vice-président du parti de Simone Gbagbo, Maître Ange Rodrigue Dadjé. Fabrice Lago souligne l’incohérence entre la déclaration de Mᵉ Dadjé sur des jeunes « abandonnés » du Front Commun détenus à la MACA, et son rôle d’avocat de Tidjane Thiam, le président du PDCI-RDA, un allié de poids dans la récente stratégie de l’opposition. « Avoue-t-il ainsi que son propre client est responsable des troubles que connaît notre pays ? Et qu’il abandonne lui-même ces jeunes à leur sort ? Quelle incohérence ! », s’insurge Fabrice Lago.

Steve Beko termine sur une note de fermeté, citant la propre maxime de Simone Gbagbo : « un Homme doit savoir dire non quand il n’est pas d’accord ». C’est, selon lui, au nom de cette vérité, de la cohérence et de la Côte d’Ivoire, qu’il a choisi de publier cet avertissement politique « sans concession ».

Georges Badiel

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