Réunies autour de leur héritage culturel et de leur volonté de préserver la cohésion sociale, les membres de l’association É Wawlé Bla Mou ont présenté leurs ambitions à Jeannot Ahoussou-Kouadio, le 20 octobre 2026. L’organisation entend fédérer les femmes baoulé, promouvoir le dialogue et transmettre les valeurs de paix aux générations futures.
Foulards blancs noués sur la tête, pagnes baoulé et détermination affichée, 80 femmes de l’association É Wawlé Bla Mou ont marqué leur attachement à la paix et à leur identité culturelle. Elles ont été reçues, le mardi 20 octobre 2026, par Jeannot Ahoussou-Kouadio, ministre d’État, conseiller spécial du Président de la République et cadre du V Baoulé, en présence d’Amédée Kouakou, ministre de l’Hydraulique, de l’Assainissement et de la Salubrité.
Cette visite de présentation a été l’occasion pour les responsables de l’association de faire connaître leur vision : rassembler les femmes baoulé au-delà des différences sociales, politiques et religieuses, afin de faire de la solidarité un instrument de rapprochement et de paix.
Créée le 23 décembre 2025 à l’initiative de Nanan Affoué Berrah, reine-mère du Lomo, É Wawlé Bla Mou se veut un cadre de rassemblement ouvert aux femmes de toutes les catégories socioprofessionnelles. Juristes, cadres de l’administration, entrepreneures, commerçantes et responsables d’organisations y sont invitées à mettre leurs compétences au service d’un idéal commun.
Pour la présidente, Mah Gauze, l’enjeu est de bâtir une organisation où chaque membre trouve sa place. « Notre volonté est de réunir les femmes baoulé, de créer entre elles des liens de solidarité et de leur permettre de travailler ensemble », a-t-elle expliqué, insistant sur la nécessité de faire de leurs différences une richesse plutôt qu’une source de division.
La dynamique semble déjà engagée. Selon la présidente, 200 femmes leaders ont rejoint spontanément l’association au cours des deux derniers mois. Pour consolider cette mobilisation, plusieurs activités ont été menées, notamment quatre sessions de formation consacrées au savoir-vivre, une rencontre avec les chefs de canton à Diabo et des échanges avec le ministre-gouverneur de Yamoussoukro.
Au-delà de la promotion des bonnes manières et du patrimoine culturel, l’association entend faire du dialogue un moyen privilégié de prévenir les incompréhensions. « Lorsqu’il y a des incompréhensions, nous devons privilégier la parole, nous écouter et rechercher ensemble des solutions. Nos divergences ne doivent jamais devenir des raisons de rupture entre nous », a plaidé Mah Gauze.
Apolitique, É Wawlé Bla Mou affirme ainsi sa volonté de préserver les liens fraternels entre les femmes, quelles que soient leurs convictions. Pour ses responsables, la fierté des racines culturelles doit favoriser l’ouverture aux autres et contribuer à la consolidation de la paix.
Cette ambition a reçu un écho favorable auprès de Jeannot Ahoussou-Kouadio. Saluant l’initiative, le ministre d’État a souligné le rôle des femmes dans la réconciliation et la transmission des valeurs aux nouvelles générations. « Vous avez une mission qui dépasse le cadre de votre association, vous avez la mission divine de réconcilier les hommes, d’apporter la paix. Le défi, c’est que cette association soit pérenne et léguée à vos petits-enfants en héritage », a-t-il déclaré.
Il a également invité les membres à participer à l’intronisation du chef central des Baoulé des treize communes d’Abidjan, prévue le 7 novembre 2026 à la place de l’Indépendance, à Yopougon. Une échéance qui constitue une nouvelle occasion de mobilisation pour l’association.
Pour sa part, Amédée Kouakou a rappelé le lien étroit entre la paix et le développement. « Le combat que nous menons, c’est le combat pour la paix. Tout ce que nous voulons, c’est le développement », a affirmé le ministre.
En saluant la disponibilité de Jeannot Ahoussou-Kouadio, Mah Gauze a également exprimé sa reconnaissance à Nanan Affoué Berrah, dont l’implication a contribué à l’organisation de cette audience.
À travers cette démarche, É Wawlé Bla Mou ambitionne de faire de la solidarité féminine un levier durable de cohésion sociale. Plus qu’un regroupement associatif, l’organisation entend porter un héritage culturel vivant, fondé sur la fraternité, le dialogue et la transmission de la paix aux générations futures.
Kossonou
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