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«Je suis de ceux qui ne comprennent pas l’enlèvement et le mandat de dépôt contre le jeune syndicaliste» (Fernand Dedeh)

AFRIKEXPRESS-Je suis de ceux qui ne comprennent pas l’enlèvement et le mandat de dépôt contre le jeune syndicaliste
Aucune solution en vue après deux jours de grève des enseignants. Pas de rencontres formelles entre la partie gouvernementale et les syndicats. Sauf l’oreille du Conseil national des droits de l’homme.
Dans l’entendement des signataires du mot d’ordre de grève, cela signifie « reconduction tacite du mouvement » et peut-être, grève illimitée. Donc blocage total de l’école.
« Nous souhaitons que le gouvernement pose un acte fort : s’engager sur le paiement de la prime, même si ce n’est pas effectif dans l’immédiat », soutient un responsable syndical.
Le gouvernement de son côté explique, sans être audible, que les portes du dialogue sont ouvertes et qu’elles n’ont jamais été fermées. Les propositions relatives à l’élargissement de la prime d’incitation à tous les fonctionnaires sont à l’étude, d’abord au niveau du conseil consultatif et au niveau du comité d’experts.
Les enseignants accusent le gouvernement de donner dans le dilatoire et, par conséquent, utilisent l’école comme grenade offensive. La grève est largement suivie, elle met en péril les examens de fin d’année.
L’enlèvement et la mise sous mandat de dépôt du chargé de communication de l’un des syndicats signataires du mot de grève durcit le mouvement. Il est accusé de coalition d’agents publics et d’entrave au fonctionnement des services de l’État. Aïe ?
Il paie pour tous les responsables syndicaux signataires du mot d’ordre de grève ? Ou bien, il fait trop bien son travail de communication et il fallait le réduire au silence ? Sinon, hein… Les têtes sont bien visibles, pourquoi le genou doit porter le chapeau ?
Le gouvernement a le mauvais rôle : les parents d’élèves et les élèves le regardent. Un observateur note que les fonctionnaires ivoiriens ont bénéficié, en 10 ans, de 10 à 25 % d’augmentation de salaire et qu’aucun pays dans l’UEMOA n’offre les conditions (salaires, primes et avantages)  qu’en Côte d’Ivoire.
Seulement, regrette-t-il, « le gouvernement communique mal, en mode miroir. Nombrilisme, autocélébration… »
Qui pour ramener tout le monde autour d’une table? Sur les questions sociales et sur les questions politiques. Les discours sont cassants et épuisants. Les positions tranchées à sept mois de la présidentielle.
L’opposition exige de nouvelles règles de jeu, le pouvoir n’est droit dans ses bottes. Entre les deux blocs, la commission électorale indépendante, sous pression.
Et si ton Camarade confiait cette mission d’écoute et de pédagogie au Blanc de la Mé? Il a piloté le dialogue social et le cinquième round du dialogue politique, il connaît le  personnel politique et les acteurs syndicaux. Bref, la météo n’est  pas bonne.
BINTOU SANOGO