Alors que la campagne pour les législatives du 27 décembre bat son plein, une polémique enfle à Tiassalé. Le député-maire sortant, Antoine Assalé Tiémoko, est accusé d’utiliser les véhicules de la municipalité pour sa propre propagande électorale, au mépris du code électoral.
Tiassalé a renoué, depuis le vendredi 19 décembre, avec l’effervescence des grands jours de scrutin. Pour cette bataille législative, trois forces s’affrontent dans la circonscription de Morokro-Tiassalé : le sortant Antoine Assalé Tiémoko (ADCI), Alpha Sanogo (RHDP) et Pérou Octavi (PDCI-RDA). Mais à peine les hostilités lancées, la neutralité des moyens de l’État se retrouve au cœur des débats.
Flagrant délit à Tolakro
Le samedi 20 décembre, un fait a particulièrement retenu l’attention à Tolakro, village de la commune. Un véhicule appartenant aux services techniques de la mairie a été aperçu transportant du matériel de sonorisation destiné à un meeting de campagne du candidat Assalé Tiémoko. À son bord, le 4ème adjoint au maire, Tigoly Etien, supervisant l’opération.
Ce recours aux moyens de la municipalité soulève une question de fond sur l’éthique politique du député-maire. Très présent sur les plateaux de télévision et les réseaux sociaux, l’homme s’est bâti une image de « chantre de la bonne gouvernance » et de la moralité publique. Pour ses détracteurs, cette scène de campagne vient briser le mythe.
Pourtant, la loi ivoirienne est sans équivoque sur le sujet. L’article 30 du Code électoral interdit formellement :
L’utilisation de véhicules administratifs à des fins de propagande électorale.
L’implication d’autorités administratives ou de moyens publics pour favoriser un candidat.
En théorie, cette séparation stricte entre l’administration municipale et l’état-major de campagne vise à garantir l’équité entre les compétiteurs. En s’affranchissant de cette règle, le maire de Tiassalé s’expose à des critiques sur la sincérité de son discours populiste. Comme le rappelait récemment l’homme politique Jean Bonin : « C’est une fois au pouvoir que le vrai visage des populistes apparaît. »
Cette situation à Tiassalé n’est qu’un épiphénomène dans un scrutin d’envergure nationale où 2 740 candidats (titulaires et suppléants) sillonnent le pays jusqu’au 26 décembre. Partout en Côte d’Ivoire, les électeurs sont appelés à juger les candidats sur leurs projets de société, mais aussi sur leur respect des institutions.
À Tiassalé, au-delà des discours sur le développement, c’est l’exemplarité qui est désormais mise à l’épreuve. Les électeurs apprécieront, le 27 décembre, si la « Mercedes » de la mairie doit servir à l’administration de tous ou à la campagne d’un seul.
Bintou Sanogo
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