À l’approche du scrutin législatif du samedi 27 décembre 2025, l’atmosphère politique se crispe dans la circonscription de Morokro et Tiassalé. Le député sortant, Antoine Assalé Tiémoko, semble perdre de sa superbe face à la dynamique croissante de son adversaire du RHDP, Alpha Sanogo, dont la candidature suscite un engouement notable au sein des populations locales.
En cette fin de campagne, une vidéo du candidat Assalé Tiémoko agite la toile. Sur un ton particulièrement offensif, il y dénonce un supposé projet de convoyage d’électeurs et prévient qu’il passera à l’action pour empêcher ce qu’il qualifie de « bétail électoral ».
« Pour les législatives 2025, il faut que les candidats comptent sur ceux qui vivent à Tiassalé. On ne veut pas voir vos cars ici. On sait. Vous allez garer à N’douci et prendre les gens dans des taxis. On vous suivra. Je vous le dis. À Tiassalé, il y a des caméras. Restez chez vous. Voilà le message que je suis venu vous passer. Le samedi 27, Abobo, Anokoua Kouté, on sait que vous avez été enrôlés par un certain Diabaté et on vous attend. Vous avez été signalés. Allez choisir vos députés à Yopougon. Ne venez pas choisir un député à Tiassalé. Restez chez vous. C’est interdit par la loi. Vous risquez un an de prison et un million d’amende pour 5000. Vous me connaissez. Je suis journaliste d’investigations. J’ai les moyens de vous détecter et de vous prendre. En 2023, on a pris 17, on les a emprisonnés ici à Tiassalé. Si vous venez, on vous prendra. Et vous allez justifier où vous vivez à Tiassalé ici. Comment des gens qui ne vivent pas ici vont venir défier le député d’ici? Vous vous croyez où? Je vais me donner les moyens avec mes équipes pour vous retrouver, vous traquer comme en 2023 et vous faire emprisonner »
Cette sortie soulève de nombreuses interrogations sur les méthodes du maire sortant. En revendiquant l’usage de caméras de surveillance pour traquer les électeurs, Antoine Assalé Tiémoko semble confirmer les soupçons d’espionnage public qui pèsent sur sa gestion. Des caméras seraient disposées dans toute la ville, y compris devant le siège du RHDP, avec des serveurs installés non pas dans les locaux de la gendarmerie ou de la police, mais directement dans son bureau à la mairie.
De quel droit un élu peut-il menacer d’emprisonnement des citoyens régulièrement inscrits sur une liste électorale ? La question se pose d’autant plus que le candidat n’a pas utilisé les voies légales de recours auprès de la Commission Électorale Indépendante (CEI) lors de la révision de la liste électorale 2024-2025.
La stratégie de la victimisation à bout de souffle ?
Pour beaucoup d’observateurs, ce refrain sur la fraude — déjà utilisé lors des municipales de 2023 — ne prend plus. Le contraste est de plus en plus saisissant entre le discours belliqueux du député sortant et l’offre politique de son challenger.
Alpha Sanogo mise en effet sur une image de « député-agent de développement ».
Là où son adversaire multiplie les sorties virales, le candidat du RHDP privilégie le lobbying, le carnet d’adresses et les actions sociales concrètes.
Alors que les bureaux de vote s’apprêtent à ouvrir, Tiassalé se demande si elle va préférer la poursuite de cette atmosphère de traque ou opter pour le renouveau porté par le projet de transformation sociale d’Alpha Sanogo.
Bintou SANOGO
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