AFRIKEXPRESS- Au lendemain de l’invalidation de sa candidature par le Conseil constitutionnel, l’ancien Premier ministre et candidat recalé à la présidentielle, Pascal Affi N’Guessan, est passé à l’offensive.
Ce mardi 23 septembre 2025, au palais de justice d’Abidjan, il a annoncé le dépôt d’une plainte contre X pour « falsification de documents » auprès du procureur de la République. Devant la presse, il a également lancé un appel solennel à l’arrêt et à la « réinitialisation » du processus électoral, qu’il juge gravement vicié.
Au cœur de la plainte de M. Affi N’Guessan se trouve la contestation du document qui a conduit à l’invalidation de son dossier. Le politicien soutient que ce document, sur la base duquel le Conseil constitutionnel a rendu sa décision, n’est pas celui qu’il a soumis à la Commission électorale indépendante (CEI). Il a énuméré les divergences qu’il qualifie de « frauduleuses » : le nombre de parrains est passé de 44 000 à 46 000, le nombre de régions est passé de 20 à 33, et le document mentionne un chiffre « erroné » de 21 000 faux parrains.
« Nous demandons d’abord que soit reconnu le fait que la décision prise repose sur un document falsifié, qui n’est pas le nôtre. Il y a donc eu, au niveau de la CEI, une modification frauduleuse de nos documents », a-t-il affirmé. Il espère que la justice ivoirienne reconnaîtra cette falsification et permettra ainsi à sa candidature d’être rétablie. « Nous sommes fondés à participer à l’élection présidentielle », a-t-il insisté, précisant qu’il se tournerait ensuite vers le Conseil constitutionnel pour faire valoir ses droits.
Mais la démarche de Pascal Affi N’Guessan ne se limite pas à sa seule personne. Il a profité de sa déclaration pour exposer à la communauté internationale, et notamment au représentant spécial de l’ONU, les multiples dysfonctionnements qu’il a constatés. Il a notamment pointé du doigt les « anomalies graves » révélées par un audit de la liste électorale, citant des millions d’inscriptions « irrégulières » et des aberrations telles que des « électeurs apparaissant avec plusieurs centaines d’enfants ». Il a également dénoncé une CEI « totalement déséquilibrée » et a estimé que l’invalidation des principaux candidats, après tous ces dysfonctionnements, ne pouvait qu’accentuer la crise.
Pour le candidat, la situation est explosive. Compte tenu de la « division du pays » et de « l’environnement sécuritaire régional instable », il a mis en garde : « ce processus électoral, s’il est mené à terme, risque de plonger notre pays dans un conflit grave ».
Face à ce qu’il perçoit comme une menace imminente, Pascal Affi N’Guessan a été catégorique. « Nous courons tout droit vers la catastrophe », a-t-il lancé, appelant à un arrêt immédiat du processus électoral. Il a plaidé pour une « réinitialisation » totale du processus afin de régler les questions d’équité et de transparence, estimant que seule une telle démarche permettrait à la Côte d’Ivoire d’avoir des dirigeants légitimes et de consolider la paix et la stabilité.
BINTOU SANOGO
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