AFRIKEXPRESS-La filière mangue ivoirienne entame une nouvelle ère. Réunis en assemblée ordinaire à Korhogo, dans le nord de la Côte d’Ivoire, le 15 novembre 2025, les acteurs des collèges de producteurs, exportateurs, commerçants et transformateurs ont élu Pascal Nembelessini-Silué à la tête de l’Organisation Interprofessionnelle Agricole de la Mangue de Côte d’Ivoire (Inter Mangue). Il dirigera la structure pour un mandat de trois ans renouvelable, à quelques mois de la prochaine campagne commerciale.
La Côte d’Ivoire est un acteur majeur de ce secteur, étant le 3e exportateur mondial et le 1er exportateur africain de mangues sur le marché européen.
Approché après son élection, M. Nembelessini-Silué a affiché une vision claire, axée sur la professionnalisation et la rentabilité.
« L’Inter Mangue se porte bien. La maison ne fait que d’être construite, il faut la consolider, il faut la structurer, notamment les agriculteurs, les commerçants, les transformateurs… Il faut avoir des opérateurs efficaces qui maîtrisent de fond en comble leurs activités. À cet effet, nous allons beaucoup axer sur la formation, » a-t-il déclaré.
L’objectif est de transformer chaque maillon de la chaîne de valeur en entrepreneur : « Que les agriculteurs, commerçants, transformateurs deviennent des entrepreneurs, pour faire tourner sa plantation, son usine. […] En clair, que chacun des maillons puisse être rentable. » L’ambition ultime est d’atteindre le seuil de un million de FCFA par hectare, pour une entreprise agricole rentable.
Le nouveau président a mis en lumière les principaux défis qui menacent la filière, en tête desquels figurent les maladies et les ravageurs, notamment la redoutée mouche des fruits.
« Un service technique est mis en place. On va appliquer le protocole de traitement qui va entretenir à temps et selon les normes les vergers, lutter contre la mouche des fruits, » a-t-il précisé. Cette vigilance est cruciale, d’autant qu’une menace d’embargo de l’Union Européenne, liée à la présence de ces insectes, plane malheureusement sur un pays voisin. « Au-delà de cinq mouches de fruits, on est frappé d’embargo sur nos têtes, » a-t-il rappelé.
L’Inter Mangue compte s’appuyer sur le soutien de l’État et des programmes nationaux comme le Projet des Chaînes de Valeur Compétitives pour l’Emploi et la Transformation économiques (PCCET) pour obtenir des kits de traitement.
Au-delà de la santé des vergers, le nouveau mandat s’articulera autour de deux axes stratégiques : L’extension de la saison de production : L’objectif est de faire passer la campagne commerciale, actuellement limitée à deux mois, à une durée de 4 à 5 mois. La diversification des débouchés : M. Nembelessini-Silué souhaite réduire la dépendance au marché européen, qui absorbe actuellement 95% de la production. « Notre objectif est de pouvoir produire beaucoup et pouvoir diversifier les sources de vente des producteurs, transformateurs. […] Le commerce va être un commerce de diversité et ne pas se limiter au marché Européen seulement, » a-t-il affirmé, en pointant notamment la sous-région comme marché de protection.
Pour conclure, le président a lancé un appel à l’union et à la cohésion de tous les acteurs : « Nous voulons un collectivisme efficace qui va déterminer notre mandat, appuyé par la cohésion, l’union au sein de l’inter profession. »
Par Aly OUATTARA
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