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Sécurité alimentaire : la Côte d’Ivoire et l’Italie accélèrent leur coopération dans la filière rizicole

La Côte d’Ivoire renforce sa coopération avec l’Italie pour moderniser ses filières vivrières et réduire sa dépendance aux importations de riz. Cette ambition était au cœur de la table ronde ivoiro-italienne sur le thème « Investir dans les filières vivrières », organisée le mercredi 14 octobre 2026 à l’hôtel Azalaï, à Marcory. La rencontre a réuni des acteurs publics et privés, ainsi que 24 investisseurs italiens, autour des opportunités d’investissement dans le secteur agricole.

Au centre des discussions : la mobilisation de financements, de technologies et de partenaires industriels pour accroître la production locale, améliorer les rendements et renforcer la sécurité alimentaire.

Pour Roberta Di Lecce, ambassadrice d’Italie en Côte d’Ivoire, cette initiative traduit la volonté des deux pays de consolider leur partenariat économique à travers des projets concrets. Elle a souligné l’importance d’identifier les priorités du gouvernement ivoirien, notamment dans les secteurs agricole et agro-industriel.

La diplomate a particulièrement insisté sur les perspectives de coopération en matière de mécanisation agricole, d’irrigation, de stockage et de transformation des produits alimentaires. Des domaines dans lesquels les entreprises italiennes disposent d’un savoir-faire technique et industriel susceptible de contribuer à la modernisation de l’agriculture ivoirienne.

Cette dynamique s’inscrit dans le cadre du Plan Mattei, initiative italienne destinée à développer des partenariats durables avec les pays africains. Les entreprises présentes à Abidjan interviennent notamment dans la fabrication de machines agricoles, les installations agro-industrielles, la conservation des denrées, les technologies de l’information et l’ingénierie.

Représentant le ministre de l’Agriculture, le ministre délégué chargé des Productions vivrières, Bernard Kini Komoé, a rappelé l’urgence de renforcer les capacités nationales de production. Les importations de riz représentent environ 600 milliards de FCFA par an, selon les chiffres présentés lors de la rencontre. Une facture qui illustre l’ampleur du défi à relever pour réduire la dépendance extérieure du pays.

« Notre objectif est clair : accélérer la production nationale, améliorer la productivité, structurer la chaîne de valeur et moderniser l’ensemble du secteur, depuis la production jusqu’à la commercialisation, en passant par la transformation », a-t-il déclaré.

Pour les autorités ivoiriennes, la modernisation de la filière rizicole constitue un enjeu à la fois économique et social. Elle doit permettre d’améliorer les revenus des producteurs, de favoriser l’emploi des jeunes et de contribuer à la lutte contre la pauvreté.

Cette orientation rejoint les objectifs de la Stratégie nationale de développement de la riziculture 2021-2030 (SNDR2), qui ambitionne de bâtir une filière compétitive et durable, capable de couvrir les besoins nationaux et de dégager des excédents.

Le coût global annoncé de cette stratégie s’élève à 473 milliards de FCFA. Le financement prévisionnel comprend notamment 302 milliards de FCFA d’investissements privés et 114 milliards de FCFA attendus des partenaires techniques et financiers.

La concrétisation de ces ambitions dépendra notamment de la capacité à mobiliser les capitaux nécessaires et à déployer des équipements adaptés aux réalités agricoles locales. La mécanisation, le développement de l’irrigation et le renforcement des infrastructures de stockage et de conservation figurent parmi les leviers identifiés pour améliorer les rendements et réduire les pertes après récolte.

Bernard Kini Komoé a, à cet égard, mis en avant l’expertise italienne dans les équipements agricoles et les solutions agro-industrielles. Cette complémentarité pourrait favoriser le transfert de technologies et accélérer la transformation de la filière rizicole ivoirienne.

Les autorités attendent désormais des résultats concrets de cette rencontre. Les prochaines étapes consistent à rapprocher les besoins exprimés par la Côte d’Ivoire des solutions proposées par les entreprises italiennes, à préciser les conditions techniques et financières des projets et à établir une feuille de route pour leur mise en œuvre.

Le gouvernement ivoirien a réaffirmé sa disponibilité à faciliter les démarches des investisseurs et à encourager les partenariats entre les secteurs public et privé.

L’enjeu est désormais de convertir les intentions en investissements effectifs afin de renforcer durablement les capacités de production, d’améliorer la compétitivité des acteurs locaux et de réduire progressivement la dépendance de la Côte d’Ivoire au riz importé.

Kossonou

 

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