Le week-end dernier, la ville chinoise de Tianjin a accueilli le sommet annuel de l’Organisation de coopération de Shanghai (SCO), réunissant une vingtaine de dirigeants venus de Russie, d’Inde, d’Iran, de Turquie et d’Asie centrale. Si la rencontre s’est déroulée loin des capitales occidentales, son message a été limpide : un monde multipolaire est en marche, avec la Chine en chef de file et une ambition affirmée de remodeler les rapports de force internationaux.
En marge du sommet, de nombreux observateurs ont réagi, notamment sur les réseaux sociaux. Parmi eux, Wattara de Diamant, analyste politique et chercheur en géostratégie, a livré une analyse remarquée. « Ce qui se joue à Tianjin, c’est bien plus qu’un sommet régional. C’est une démonstration de souveraineté collective face à un système global perçu comme unilatéral et déséquilibré », écrit-il sur son compte X (ex-Twitter).
Une convergence de puissances à la manœuvre
Avec un PIB cumulé représentant une part significative de l’économie mondiale, les pays présents à Tianjin — Chine, Inde, Russie, Turquie, entre autres — entendent peser de tout leur poids sur les grands dossiers globaux : énergie, sécurité, commerce, intelligence artificielle.
La Chine, forte de son statut de deuxième économie mondiale, a mené la danse en proposant de nouveaux cadres de coopération multilatéraux — hors du système occidental dominé par le dollar et les institutions de Bretton Woods. Il est question de corridors d’infrastructures, de systèmes de paiement alternatifs, et de partenariats technologiques Sud-Sud.
Selon Wattara de Diamant, cette dynamique illustre un tournant stratégique : « On assiste à la construction patiente d’un écosystème parallèle, où les règles ne sont plus dictées depuis Bruxelles, Londres ou Washington. Les grandes puissances asiatiques veulent discuter d’égal à égal, et c’est un signal fort envoyé aux pays du Sud, dont l’Afrique. »
L’Afrique : convoitée, courtisée… mais lucide ?
Dans ce nouveau jeu mondial, l’Afrique n’est plus marginale. Elle devient un enjeu central — à la fois pour ses ressources, son potentiel démographique, ses marchés, mais aussi pour son positionnement stratégique dans les chaînes d’approvisionnement mondiales.
Les pays africains peuvent y voir une opportunité : diversification des partenaires, investissements plus rapides, transferts technologiques et plus grande marge de manœuvre dans la diplomatie mondiale.
Mais Wattara de Diamant met en garde : « Le danger, ce n’est pas l’offre chinoise ou indienne en soi. C’est l’absence de stratégie africaine face à cette offre. L’Afrique ne doit pas être cliente, elle doit être coarchitecte des projets. »
Des promesses, mais à quelles conditions ?
Les projets proposés sont souvent séduisants : routes, ports, zones économiques spéciales, infrastructures énergétiques. Mais derrière la vitrine, les risques existent : endettement excessif, qualité discutable des ouvrages, faible retombée locale, ou perte de souveraineté économique à long terme.
L’analyste ne mâche pas ses mots sur ses réseaux : « Ce sommet est un miroir tendu à nos élites. La vraie question n’est pas de savoir si la Chine est une alternative crédible, mais si l’Afrique est prête à négocier autrement. Plus fermement. Plus intelligemment. »
L’Afrique à la croisée des pôles
Tianjin ne signe pas la fin de l’influence occidentale. Mais il confirme l’émergence d’un monde à plusieurs centres de gravité. Dans ce contexte, l’Afrique a le choix : être un terrain de jeu ou un joueur à part entière. « Nous devons sortir de la logique du guichet et entrer dans celle du partenariat. Cela suppose des élites compétentes, des institutions solides, et une vision stratégique à long terme », conclut Wattara de Diamant dans une autre publication.
Alors que la carte du pouvoir mondial se redessine, l’Afrique dispose d’atouts considérables. Mais encore faut-il qu’elle les joue avec lucidité, exigence et unité.
Kossonou
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