CONFUSION ET CACOPHONIE. À hue et à dia. Les murs se lézardent entre les acteurs et partisans contre le « quatrième mandat anticonstitutionnel d’Alassane Ouattara ».
Alors que l’activiste Pulchérie Gbalet, qui propose de « rendre le pays ingouvernable », milite pour le boycott des élections législatives du 27 décembre 2025, Cheick Tidjane Thiam, président du PDCI-RDA, émet un autre son de cloche et prend son contre-pied.
Dans une lettre ouverte, il reconnaît les nombreux pièges dont le « découpage électoral aberrant » en faveur du RHDP; mais il a fait son deuil de toutes les revendications politiques (réforme de la CEI, audit de la liste électorale, etc.) pour inviter les militants du plus vieux parti du pays à se mobiliser.
En effet, la bataille engagée et perdue contre le « braquage électoral » et le « coup d’État civil », avec 23 morts et plusieurs centaines d’arrestations, a fait naître un moment de flottement et déstabilisé les états-majors. Et comme le monstre de Loch Ness, la cacophonie et la confusion ont montré le bout du nez au sein de l’opposition radicale sur la stratégie à conduire.
Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam ont arrondi les angles. Le 22 octobre, le président du PPA-CI ne brocardait plus le « quatrième mandat anticonstitutionnel de Ouattara ». S’il a apporté son soutien aux manifestations, c’est contre la « mascarade électorale ». Parce que Thiam et lui ont été éliminés. Toutefois, « je ne demande pas aux jeunes de descendre dans la rue, » a-t-il précisé.
De son côté, le président du PDCI-RDA a mis beaucoup d’eau dans son vin. Après avoir fait la promesse, le 18 octobre à Paris, d’une semaine pour changer la Côte d’Ivoire, il est revenu sur sa position pour faire son mea culpa.
Le Front commun (alliance du PDCI-RDA et du PPA-CI) a alors été confronté à deux dissonances cognitives. Le lendemain du scrutin présidentiel contesté et boycotté, cette coalition maintenait les manifestations de rue tous les jours jusqu’au « rétablissement de l’ordre constitutionnel ».
Mme Nadiana Gbagbo a également ajouté son grain de sel pour maintenir la pression. « Ils vous disent: ‘Stop’, mais le président Gbagbo dit: ‘Avancez! Ce n’est pas fini contrairement à ce que vous pensez, » a-t-elle tenté de galvaniser les troupes, le 30 octobre à Abié (village de la sous-préfecture de Yakassé-Mé, département d’Adzopé).
C’est sur pareil registre que le PPA-CI a pris Pulchérie Gbalet à rebours. Le parti lance un mot d’ordre de marche pour le 8 novembre alors que la présidente du Conseil pour la coordination de la résistance citoyenne (CCRC) est prudente: « L’heure n’est plus aux marches; c’est ce qu’ils (les dirigeants actuels) attendent pour nous tuer. » Le fil d’Ariane est rompu et c’est le branle-bas.
F. M. Bally
NB: Les titres sont de la rédaction
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