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Sommet France-Afrique à Nairobi : Le « nouveau refuge » de l’armée française en Afrique ?

Alors que Nairobi s’apprête à accueillir le sommet France-Afrique les 11 et 12 mai prochains, les voix s’élèvent pour dénoncer ce qui semble être un tournant stratégique majeur pour Paris. Pour le Dr. Ahoua Don-Mello, ce rapprochement avec le Kenya n’est qu’une tentative désespérée de la France de maintenir son influence militaire sur le continent, troquant ses bases francophones contre un nouvel ancrage en zone anglophone.

L’histoire retiendra-t-elle le 29 octobre 2025 comme la date où le Kenya a basculé dans la sphère d’influence militaire française ? Pour l’ingénieur et homme politique ivoirien Ahoua Don-Mello, le constat est sans appel : « le fusil change d’épaule ». En difficulté croissante dans son pré carré francophone, l’armée française chercherait désormais « désespérément un abri » dans les pays anglophones, le Kenya en tête de pont.

Le sommet prévu à Nairobi les 11 et 12 mai 2026 est perçu par l’analyste comme une vaste opération de communication. Sous couvert de diplomatie et de partenariats économiques, l’objectif réel serait de légitimer, auprès du Parlement français et de l’opinion publique, un accord de défense coûteux et contesté.

« Ce sommet veut donner une façade diplomatique et surtout économique à une présence militaire pour mieux défendre cet accord au parlement français », affirme le Dr. Don-Mello.

Loin de garantir la stabilité régionale, cet accord est perçu par ses détracteurs comme un outil d’assujettissement. S’appuyant sur l’expérience des pays d’Afrique francophone, l’auteur soutient que ces pactes ne visent qu’à maintenir l’hégémonie occidentale et un « ordre économique colonial » jugé obsolète.

Cette lecture est partagée par une partie de la société civile locale. Le Parti Communiste Kenyan a d’ores et déjà annoncé l’organisation d’un contre-sommet pour protester contre ce qu’il qualifie de « rétropédalage vers le passé » de l’État kényan.

Pour Ahoua Don-Mello, cette agressivité diplomatique française est le signe d’une fin de règne. Face à l’émergence d’un monde multipolaire, la présence de forces armées étrangères sur le sol africain apparaît de plus en plus anachronique.

La solution, conclut-il, ne viendra pas de nouveaux accords de défense avec les anciennes puissances coloniales, mais de l’accélération de l’Agenda 2063 de l’Union Africaine. C’est uniquement par cette voie que le continent pourra revendiquer une véritable souveraineté politique, économique et, in fine, militaire.

Bintou Sanogo

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