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Santé menstruelle : Dr Sosthène Dougrou appelle à briser le silence pour préserver la dignité des femmes

À la suite de la célébration de la fête des mères, le Dr Sosthène Dougrou a choisi de mettre en lumière une question de santé publique encore insuffisamment prise en compte dans de nombreuses sociétés : la gestion de la santé et de l’hygiène menstruelle. À travers un plaidoyer empreint d’humanisme, il invite à une mobilisation collective afin de garantir aux femmes et aux jeunes filles un environnement favorable à leur épanouissement.

Pour le praticien, les menstruations constituent un phénomène biologique naturel qui accompagne la vie des femmes dès la puberté. Pourtant, dans plusieurs communautés d’Afrique subsaharienne, cette réalité demeure entourée de nombreux tabous et préjugés. Les règles sont parfois perçues comme une source d’impureté, exposant les femmes à des discriminations et à diverses formes d’exclusion sociale.

Selon le Dr Dougrou, cette stigmatisation se traduit souvent par des restrictions dans la participation aux activités communautaires, religieuses ou familiales. Elle nourrit également un sentiment de gêne et de honte qui affecte le bien-être psychologique des jeunes filles et des femmes.

À ces obstacles culturels s’ajoutent des difficultés matérielles. Le manque d’infrastructures adéquates en matière d’eau, d’hygiène et d’assainissement, notamment dans les établissements scolaires, complique considérablement la gestion des menstruations. L’insuffisance de toilettes adaptées et l’accès limité aux protections hygiéniques constituent encore aujourd’hui des défis majeurs.

L’éducation des jeunes filles en subit directement les conséquences. Des données relayées par l’UNESCO indiquent qu’en Afrique subsaharienne, de nombreuses élèves sont contraintes de s’absenter des cours pendant leurs périodes menstruelles. Une situation qui entraîne des retards scolaires, réduit leurs chances de réussite et contribue à maintenir les inégalités entre filles et garçons.

« Lorsqu’une jeune fille est privée d’école à cause de ses menstruations, c’est son avenir qui est fragilisé », souligne le Dr Dougrou, convaincu que la santé menstruelle est bien plus qu’une simple question d’hygiène.

Pour lui, il s’agit d’un enjeu transversal qui touche aux droits fondamentaux des femmes, notamment le droit à la santé, à l’éducation, à la dignité et à l’égalité des chances. L’absence de solutions adaptées accentue les vulnérabilités et freine les efforts de développement durable.

Face à cette réalité, le spécialiste préconise une approche globale reposant sur plusieurs axes : la construction d’infrastructures sanitaires adaptées, la mise à disposition de protections hygiéniques abordables, le renforcement de l’éducation à la santé sexuelle et reproductive, ainsi que la sensibilisation des communautés pour déconstruire les stéréotypes liés aux menstruations.

À travers son appel, Dr Sosthène Dougrou souhaite replacer la santé menstruelle au cœur des politiques publiques et des initiatives communautaires. Pour lui, permettre aux femmes et aux filles de gérer leurs menstruations dans des conditions dignes et sécurisées constitue une étape indispensable vers une société plus juste, plus inclusive et plus équitable.

BS

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