Abidjan – L’Organisation pour les Droits des Églises et des Chrétiens de Côte d’Ivoire (ODEC-CI) a organisé jeudi 23 juillet 2036 une conférence à l’Ivoire Trade Center, près du Sofitel Hôtel Ivoire, autour de la rencontre des générations et de la transmission de l’héritage spirituel. Cette rencontre a réuni plusieurs responsables d’Églises protestantes et évangéliques, des pères fondateurs ainsi que de jeunes leaders religieux, avec pour objectif de renforcer l’unité de l’Église ivoirienne et de préparer la relève.
Au cœur des échanges, la question de la transmission des valeurs chrétiennes, du rapprochement entre générations et du rôle de l’Église dans la transformation de la société a occupé une place majeure.
Président de l’ODEC-CI, Kouamenan Marcel a expliqué que cette initiative vise à rassembler les différentes familles ecclésiales autour d’une vision commune. « Nous voulons restaurer l’unité de l’Église et assurer la transmission entre les générations. Notre mission est de protéger les valeurs de l’Église, préserver la foi et promouvoir l’unité », a-t-il déclaré.
Selon lui, cette rencontre est l’aboutissement de plusieurs années de rapprochement avec les responsables religieux. « Pendant longtemps, nous avons rencontré les pères fondateurs. Aujourd’hui, grâce à Dieu, les responsables des Églises méthodistes, des Assemblées de Dieu, des Églises du Réveil, des baptistes et des pentecôtistes se retrouvent autour d’une même vision. Il est plus facile de rapprocher les mains que les esprits, mais nous avançons », a-t-il souligné.
Abordant la question de la relève, Kouamenan Marcel a insisté sur la nécessité de préparer les jeunes générations à prendre leurs responsabilités. « Les pères veulent préparer les jeunes à prendre le relais. Cette rencontre permet de créer une synergie entre les générations afin de mieux préparer l’avenir de l’Église », a-t-il indiqué.
Il a également appelé à une restauration de l’image du ministère pastoral. « Le véritable homme de Dieu est un homme de sagesse. Il prêche la paix, soutient les pauvres, accompagne les orphelins et réconforte ceux qui souffrent. L’Église doit redevenir un refuge pour les personnes en difficulté », a-t-il affirmé.
Président honoraire de l’Église Méthodiste de Côte d’Ivoire, le Bishop Benjamin Boni a, pour sa part, placé la transmission de la foi au centre de son intervention. « Je voudrais d’abord rendre grâce au Seigneur, notre Dieu, lui qui nous a créés et dont le dessein est le salut de l’humanité. En Jésus-Christ, Dieu a ouvert la porte de son Royaume », a-t-il déclaré.
Pour lui, l’Église a la responsabilité de transmettre l’héritage spirituel aux générations futures. « De génération en génération, nous transmettons cet héritage, cette Bonne Nouvelle et cette vie que le Seigneur donne. En réalité, c’est Dieu lui-même qui transmet à travers ses serviteurs que nous sommes », a-t-il expliqué.
Évoquant les défis spirituels du monde actuel, le Bishop Benjamin Boni a appelé les croyants à rester fermes dans leur foi. « Nous vivons dans un monde où la foi est constamment mise à rude épreuve. Les violences, les guerres et toutes les formes de divisions montrent que nous devons persévérer afin que notre foi ne s’affaisse pas », a-t-il soutenu.
Le Révérend Dr Condé Charles-Marie, président de l’Église évangélique des Assemblées de Dieu de Côte d’Ivoire, a axé son intervention sur la nécessité d’une réconciliation entre les générations.
« Il m’a été demandé de me pencher sur la thématique de la réconciliation, notamment sur cette nécessité de ramener le cœur des pères vers les fils et de ramener également le cœur des fils vers les pères », a-t-il expliqué.
Pour lui, les incompréhensions entre anciens et jeunes peuvent être dépassées par l’humilité. « Les conflits de génération ne sont pas des phénomènes nouveaux. Face à ces réalités, il faut recourir à l’humilité, non seulement du côté des anciens, mais aussi du côté des jeunes. Chacun doit accepter de faire un pas vers l’autre », a-t-il déclaré.
Le président des Assemblées de Dieu a insisté sur le devoir de transmission des aînés. « Il est important de transmettre ce que les anciens ont appris aux jeunes générations. Cela doit se faire dans la perspective de sauver les générations à venir et de leur léguer un héritage sûr », a-t-il affirmé.
Selon lui, cette réconciliation constitue une urgence pour préserver la cohésion sociale. « S’il n’y a pas de réconciliation, la fracture entre les générations ne fera que contribuer à la dislocation du tissu social. Cela n’est pas fait pour faire avancer la société dans laquelle nous nous trouvons », a-t-il averti.
Invité spécial de cette conférence, le pasteur Paul Goulet,responsable principal de l’Église internationale de Las Vegas et conseiller spécial du Président de l’organisation. venu des États-Unis, a appelé les chrétiens à dépasser les divisions pour contribuer au développement de la Côte d’Ivoire.
« J’aime beaucoup la Côte d’Ivoire. Cela faisait des années que l’on me demandait de venir, mais je crois qu’aujourd’hui est le temps de Dieu pour ce pays », a-t-il déclaré.
Pour le prédicateur, l’Église doit jouer un rôle actif dans la transformation de la société. « Imaginez si tous les chrétiens, de toutes les Églises, décidaient de travailler ensemble pour changer nos rues, nos hôpitaux, nos communautés. Je ne suis pas venu pour juger, mais pour aider à former des leaders capables de conduire ce pays vers un autre niveau », a-t-il expliqué.
Fort de son expérience aux États-Unis, notamment à Las Vegas, il a témoigné des résultats obtenus grâce à la collaboration entre les communautés chrétiennes. « Nous avons décidé que nous n’étions pas des ennemis, mais que cette ville était la nôtre. Ensemble, nous avons vu Dieu transformer le sport, les médias, la politique et bien d’autres domaines », a-t-il relaté.
Kossonou
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