Le Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (Cojep) a exprimé sa vive préoccupation face aux récentes opérations de déguerpissement et de démolition menées dans plusieurs quartiers du District autonome d’Abidjan. Dans une déclaration officielle lue par son porte-parole, Me Serge Ouaraga, le parti a affiché sa solidarité avec les populations affectées et critiqué la méthode adoptée par les autorités.
Selon le Cojep, ces opérations ont plongé des milliers de familles dans une situation de grande précarité. Femmes, enfants, personnes âgées et travailleurs aux revenus modestes se retrouvent désormais sans abri après la destruction de leurs habitations.
« Les images observées sur le terrain montrent des familles désemparées, contraintes de récupérer leurs effets personnels au milieu des décombres, parfois sous la pluie et sans solution immédiate de relogement », a indiqué Me Serge Ouaraga.
Face à cette situation, le parti a tenu à exprimer sa compassion envers les victimes. « Nous témoignons notre totale solidarité à toutes ces populations plongées dans la détresse », a déclaré le porte-parole.
Une méthode contestée
Si le Cojep reconnaît la nécessité de lutter contre l’occupation anarchique des espaces urbains et de sécuriser les zones à risque, il s’interroge néanmoins sur les conditions dans lesquelles ces opérations sont conduites.
Pour le parti, plusieurs interrogations demeurent : « Peut-on prétendre protéger des populations en les laissant sans abri ? Peut-on parler de développement lorsque ceux qui en subissent les conséquences en deviennent les premières victimes ? »
Le Cojep estime que la situation actuelle révèle les insuffisances de la gouvernance urbaine en Côte d’Ivoire. Selon lui, les quartiers concernés se sont développés au fil des années, parfois avec la connaissance ou la tolérance des pouvoirs publics.
Les populations, victimes d’un système défaillant
Le parti rejette l’idée selon laquelle les habitants seraient seuls responsables de leur situation. Il considère au contraire qu’ils paient aujourd’hui les conséquences d’un manque de planification urbaine et d’anticipation de la part de l’État.
« Il est profondément injuste de faire porter aux plus vulnérables la responsabilité d’une réalité que l’État a lui-même tolérée pendant des années », a soutenu Me Serge Ouaraga.
Le Cojep dénonce également une démarche qu’il juge excessivement coercitive, privilégiant les démolitions au détriment du dialogue, de la concertation et de la recherche de solutions adaptées.
Des conséquences aggravées par le contexte
Le parti souligne que ces déguerpissements interviennent en pleine saison des pluies, exposant davantage les familles concernées aux intempéries, aux risques sanitaires et à l’insécurité.
Il relève également que ces opérations surviennent à une période sensible de l’année scolaire, alors que de nombreux élèves et étudiants sont engagés dans des examens décisifs.
« Le gouvernement ne peut ignorer les conséquences humaines, sociales et psychologiques de telles décisions », a insisté le porte-parole.
Pour une urbanisation inclusive
En conclusion, le Cojep appelle les autorités à adopter une approche plus humaine dans la conduite des politiques d’aménagement urbain.
Pour le parti, la modernisation d’Abidjan doit s’accompagner de mesures de protection des populations les plus vulnérables. « Le développement urbain ne doit pas être perçu comme une guerre contre les pauvres. Il doit être un projet collectif, construit avec les populations et au bénéfice des populations », a conclu Me Serge Ouaraga.
TKF
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