Accueil ECONOMIE Transition énergétique : La Côte d’Ivoire s’impose en leader de l’électromobilité en...

Transition énergétique : La Côte d’Ivoire s’impose en leader de l’électromobilité en Afrique de l’Ouest

Porté par des réformes audacieuses et soutenu par la Banque mondiale, le gouvernement ivoirien accélère le déploiement des véhicules électriques avec un cap clair : 10 % du parc national d’ici 2030. Le virage vert des transports ivoiriens n’est plus une lointaine promesse, mais une stratégie d’État solidement ancrée. Ce mardi 9 juin 2026, le bureau d’Abidjan du Groupe de la Banque mondiale a accueilli un atelier stratégique de haut niveau.

Une rencontre qui a pour objectif de valider le diagnostic national de l’électromobilité et structurer les investissements à venir. À cette occasion, le ministre des Transports et des Affaires Maritimes, Amadou Koné (représenté par son Conseiller Technique, Bohoussou Georges), a réaffirmé l’ambition du pays : faire du véhicule électrique le moteur de la souveraineté énergétique et de la décarbonation de l’économie. La Côte d’Ivoire ne se contente pas de suivre le mouvement mondial, elle structure sa propre feuille de route à travers son Plan National de Développement (PND 2026-2030). Les ambitions sont claires et quantifiées : « 10 % de véhicules électriques dans le parc national d’ici 2030 ; 12 % à l’horizon 2035 ». L’arsenal juridique repose sur le Décret n°2024-326 du 22 mai 2024, un texte fondateur qui encadre les incitations fiscales, planifie l’installation des bornes de recharge en zones urbaines comme rurales, et impose une gestion écologique du cycle de vie des batteries.

5 000 véhicules électriques pour l’administration

Pour inciter le secteur privé à franchir le pas, la Côte d’Ivoire déploie trois initiatives majeures. La première, conduite avec Expertise France dans le cadre du projet Transition bas carbone, a confirmé en 2025 la faisabilité d’intégrer 5 080 véhicules électriques dans le parc de l’administration publique d’ici 2030, pour un investissement estimé à 11 milliards de F CFA l’État montrant ainsi l’exemple avant de demander au secteur privé d’emboîter le pas. La deuxième, portée avec l’appui de la BOAD, prévoit de lancer prochainement des études pour un projet de transport intégré à faibles émissions, doté de 591 millions de F CFA. La troisième, au cœur de l’atelier, est le Projet pilote FEM 11042 « Intégration de la mobilité électrique à partir des énergies renouvelables » dont Bohoussou Georges assure la coordination depuis 2024, avec six villes pilotes retenues : Abidjan, Yamoussoukro, Korhogo, San Pedro, Odienné et Bouaké. L’électromobilité s’intègre dans une refonte totale des transports du Grand Abidjan. Elle vient compléter les grands chantiers en cours : le Métro d’Abidjan, le BRT Est-Ouest, la modernisation des  »Gbakas » et  »Woro-woro », ainsi que la digitalisation des titres de transport.

Le soutien stratégique de la Banque mondiale

Face à ces ambitions, les partenaires internationaux répondent présent. La Société Financière Internationale (SFI), accompagnée des cabinets Deloitte et AETS, a mis à disposition du gouvernement ivoirien ses outils d’analyse de pointe (Africa E-Mobility Mapping, guides réglementaires et modèles de calcul du coût total de possession). L’accent est mis sur les segments les plus porteurs à court terme. Il s’agit des véhicules à deux et trois roues ainsi que les transports collectifs. L’atelier s’est conclu par la validation d’une feuille de route visant à lever les derniers verrous, la clarification fine de la réglementation, l’accélération du réseau de recharge et la création de mécanismes de financement adaptés pour les opérateurs privés.

Georges Badiel

Views: 8

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici