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Côte d’Ivoire: Le SYNATRACI appelle l’État ivoirien à baisser le coût du carburant (Entretien)

Sylla Ladji, dit Maréchal Môrô, nouveau président du SYNATRACI

À peine élu à la tête du Syndicat National des Transporteurs de Côte d’Ivoire (SYNATRACI) le samedi 5 septembre dernier, le président Sylla Ladji, dit Maréchal Môrô, entend porter la voix dudit mouvement au plus haut plan. Dans cette dynamique, il se prononce, dans ce court entretien, sur plusieurs sujets liés au secteur du transport routier et lance un appel aux autorités. 

Monsieur Sylla Ladji. Quelle est votre réaction suite à la récente augmentation du prix du carburant et que savez-vous de la concertation annoncée par certains de vos pairs en vue d’une éventuelle hausse de vos tarifs ?

En tant que transporteur moi-même, ce que je peux dire concernant cette augmentation, c’est que je demande à l’État de revenir sur cette décision pour le bien des populations. Car en fin de compte, c’est sur les usagers que cela va retomber, avec une hausse des tarifs des courses. Nous avons réfléchi en toute responsabilité pour maintenir les anciens prix en l’état, afin de nous donner le temps et les arguments nécessaires pour convaincre les autorités compétentes de baisser le prix du carburant. Augmenter brusquement les tarifs sans y préparer la population va la mettre en difficulté. Si cette situation, qui ne nous arrange pas, perdure, nous, transporteurs, serons dans l’obligation de réagir en conséquence pour préserver nos intérêts.

Selon certaines informations, les chauffeurs et apprentis de gbaka reverseraient au moins 20 000 F CFA de leurs recettes journalières aux  »gnambros ». Si cela est avéré, que pensez-vous de ces pratiques qui les empêcheraient de vivre décemment de leur métier ?

C’est archi-faux! Si un apprenti et son chauffeur devaient réellement retirer une telle somme chaque jour pour la remettre aux coxers ou  »gnambros », comment feraient-ils pour assurer leur survie, ne serait-ce que pour se nourrir au quotidien ?
Il est vrai qu’ils paient à chaque chargement, mais cette somme n’atteint pas 5 000 F CFA par jour. Ce que les gens ne comprennent pas dans cette affaire d’encaissement des droits de chargement, c’est que ce sont les syndicats qui créent les lignes pour rapprocher les moyens de transport des populations. Au début, ces dernières sont heureuses de cette proximité qui leur évite de longs parcours à pied. C’est un gain de temps et d’énergie. Mais avec le temps, certains usagers se rebellent, se plaignent des encaissements et vont parfois jusqu’à invectiver leurs bienfaiteurs d’hier. Ce qu’ils ignorent, c’est que sans syndicat dans le secteur du transport, ce serait le désordre total.

Êtes-vous en mesure de vous prononcer sur l’épineux dossier de la crise à la Mutuelle d’Assurances des Taxis-Compteurs d’Abidjan (MATCA) ?

Ce que je sais de cette histoire de la MATCA, c’est que depuis l’époque de notre père, feu Kassoum Coulibaly, deux camps s’affrontent. Ce conflit s’est empiré ces dernières années avec des poursuites judiciaires et de violents affrontements. Pour sortir définitivement la mutuelle de la crise, je suggère que les autorités compétentes organisent dans les meilleurs délais des assises en vue du renouvellement des instances, par la voie d’une élection ouverte à toutes les candidatures respectueuses des textes en vigueur de la structure et de la loi.

Réalisé par Korahi Samson

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