Pour mettre fin à la délivrance de certificats de complaisance accordés à des véhicules n’ayant jamais franchi les portes d’un centre d’inspection, la Direction générale des transports terrestres et de la circulation (DGTTC) engage une réforme d’envergure.
Le directeur général, Oumar Sacko, a réuni l’ensemble des opérateurs agréés à la Tour E du Plateau pour leur signifier qu’à compter du 1er octobre 2026, l’administration renforcera sa présence sur le terrain. Des agents assermentés seront déployés sur chaque site, fixe comme mobile, à travers tout le réseau des directions régionales. Sans se substituer aux techniciens, ils auront pour mission d’attester la présence physique des automobiles et d’apposer eux-mêmes le nouveau macaron sécurisé.
« On a eu à constater des délivrances de certificats de visite technique sans que le véhicule ne se soit présenté sur le site », a reconnu la DGTTC pour justifier ce suivi direct et indépendant. Ce nouveau sticker à numéro unique, fabriqué par la société ATS, est destiné à remplacer définitivement les anciens supports en PVC dont l’approvisionnement sera désormais bloqué. La transition se fera progressivement au fur et à mesure de l’épuisement des stocks, mais chaque visuel posé sera immédiatement lié à la fiche du véhicule pour empêcher toute tentative de transfert d’un pare-brise à un autre.
En parallèle, le dispositif s’appuie sur une plateforme numérique de suivi renseignée en temps réel par les agents lors de chaque passage. Ce fichier centralise l’immatriculation, la marque, le résultat du contrôle, la durée de validité, six mois pour le transport ou douze mois pour les particuliers ainsi qu’une photo de l’automobile. En exploitant ces données, l’administration entend générer des statistiques fiables sur le secteur et repérer rapidement les anomalies ou les taux de réussite anormaux chez certains opérateurs.
Le directeur général en a également profité pour sommer les professionnels de refuser les automobiles dépourvues d’immatriculation régulière ou affichant des plaques inscrites à la main. Avant le lancement officiel de la phase pilote prévue début octobre, une campagne d’information et des sessions de formation seront organisées afin d’instruire les opérateurs, de sensibiliser les usagers et de permettre aux forces de l’ordre d’identifier le nouveau support lors des contrôles routiers.
Ouattara Yvette
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