Accueil ECONOMIE Filière café-cacao : la carte du producteur devient obligatoire dès la campagne...

Filière café-cacao : la carte du producteur devient obligatoire dès la campagne 2026-2027

Abidjan, 13 juin 2026 – Le Conseil Café-Cacao franchit une nouvelle étape dans la modernisation de la filière ivoirienne. Lors d’une conférence de presse tenue le vendredi 12 juin 2026 à l’hôtel Pullman d’Abidjan-Plateau, son directeur général, Koné Brahima Yves, a présenté les avancées du système national de traçabilité et annoncé l’entrée en vigueur de nouvelles dispositions destinées à renforcer la conformité du café et du cacao ivoiriens aux exigences des marchés internationaux.
Depuis 2019, la Côte d’Ivoire a engagé un vaste programme de mise en conformité de sa filière afin de préserver l’accès de ses produits aux marchés d’exportation, en particulier européens. Selon le directeur général du Conseil Café-Cacao, les principaux outils nécessaires sont désormais opérationnels. « Aujourd’hui, nous pouvons affirmer avec confiance que les outils nécessaires sont en place. Grâce au système national de traçabilité, chaque produit pourra être suivi depuis la parcelle du producteur jusqu’au client final en Europe », a déclaré Koné Brahima Yves.
Cette réforme vise à garantir une meilleure transparence tout au long de la chaîne de valeur, tout en renforçant la crédibilité du cacao ivoirien sur les marchés mondiaux.
La carte du producteur au cœur du dispositif
L’annonce majeure de cette rencontre concerne l’obligation, à compter de la campagne principale 2026-2027, de détenir une carte du producteur pour toute transaction de café ou de cacao enregistrée dans le système national de traçabilité.
Le directeur général du Conseil Café-Cacao a invité les producteurs qui ne disposent pas encore de cette carte à se rapprocher des délégations régionales de l’institution afin de régulariser leur situation. Au-delà de son rôle dans la traçabilité, ce document permettra notamment de sécuriser le paiement du prix bord champ et de faciliter l’accès à la Couverture Maladie Universelle (CMU), prise en charge à 100 % pour les détenteurs de la carte.
Insistant sur les enjeux de cette réforme, Koné Brahima Yves a souligné que « la traçabilité n’est plus seulement une exigence réglementaire ; elle est devenue un facteur essentiel de compétitivité, de durabilité et de confiance ».
Pour Koné Ismaël, directeur général d’ECORIGINE  et représentant du Groupement des Négociants Ivoiriens (GNI), cette initiative constitue une avancée stratégique pour l’ensemble du secteur.
« Elle confère à notre filière une crédibilité renforcée sur la scène internationale et constitue une réponse décisive aux exigences croissantes de nos partenaires, notamment celles de l’Union européenne », a-t-il affirmé, soulignant également les opportunités qu’offre le système en matière de bancarisation des producteurs et d’accès au financement.
Même satisfaction du côté des partenaires techniques. Lionel Soulard a rappelé les efforts déployés depuis plus de trois ans pour répondre aux exigences européennes en matière de lutte contre la déforestation. « Les objectifs sont clairs : digitaliser les flux physiques et financiers, sécuriser le revenu des producteurs et garantir l’origine du cacao ivoirien », a-t-il expliqué.
Les producteurs rassurés
Au nom des organisations de producteurs, Bamba Mamadou, président du Conseil d’administration de l’UCOOPEXCI-Nouvelle, s’est réjoui du lancement du système national de traçabilité, qu’il considère comme un levier de professionnalisation du secteur.
Selon lui, la carte du producteur permettra non seulement de sécuriser les revenus des planteurs, mais aussi de faciliter leur accès au financement pour l’achat d’intrants et l’amélioration de la productivité. Il estime également que le dispositif contribuera à garantir le paiement effectif des prix fixés par l’État ainsi que des éventuelles primes de durabilité.

Kossonou

Views: 3

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici