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7ᵉ Journées du pagne traditionnel ivoirien : la filière veut passer à l’industrialisation

Abidjan – La 7ᵉ édition des Journées du pagne traditionnel ivoirien (JPTI 2026) s’est ouverte ce jeudi 27 août au Centre de démonstration et de promotion de technologies (CDT), à Marcory. Placée sous le thème « Structuration des acteurs, transition écologique et innovation, cap sur l’industrialisation du patrimoine textile ivoirien », la rencontre réunit, durant trois jours, les différents acteurs de la filière autour d’un même défi : transformer le patrimoine textile ivoirien en une véritable industrie.
Artisans, créateurs, transformateurs, stylistes, commerçants, institutions et partenaires du secteur participent aux échanges consacrés à la modernisation et au développement de la filière. Au-delà de la préservation des savoir-faire traditionnels, les JPTI 2026 entendent favoriser leur adaptation aux exigences du marché et renforcer leur contribution à l’économie nationale.
Au nom du maire de Marcory, Aby Raoul, le représentant de la municipalité a souhaité la bienvenue aux participants et rappelé la place du pagne traditionnel dans l’identité culturelle ivoirienne.
Pour le directeur général du CDT, Méité Adama Bassessé, le défi consiste désormais à concilier préservation du patrimoine et développement économique. Il a appelé à renforcer la modernisation des équipements, la formation des acteurs, la normalisation des produits, la digitalisation et l’accès aux marchés.
« Il ne s’agit pas seulement de préserver nos savoir-faire ancestraux, mais également de les adapter aux exigences du marché moderne », a-t-il souligné. Il a également encouragé la diversification des usages du textile traditionnel, à travers la création de vêtements modernes, d’accessoires de mode, d’articles de décoration et d’autres produits artisanaux.
Produire, transformer et exporter
De son côté, le représentant du président de la Chambre nationale de métiers, Koueyou Christophe, a assuré de la disponibilité de l’institution à accompagner les professionnels du secteur. Pour lui, le développement de la filière passe par une meilleure organisation de la chaîne de valeur.
« Il faut produire, transformer, commercialiser et exporter avec ambition », a-t-il lancé.
Revenant sur le parcours des Journées du pagne traditionnel ivoirien depuis leur création en 2018, la présidente de la Fédération ivoirienne du textile et du pagne traditionnel, Chantal Guiraud, a insisté sur la nécessité de préserver les compétences et d’assurer leur transmission aux nouvelles générations.
Elle a relevé que l’industrialisation ne peut être envisagée sans la sauvegarde des savoir-faire qui constituent l’essence même du patrimoine textile ivoirien.
« Si nous parlons d’industrialisation, mais que les vrais acteurs disparaissent sans transmission, ce patrimoine peut disparaître », a-t-elle alerté.
La présidente de la Fédération a également plaidé pour un accompagnement accru des professionnels afin de mieux structurer la filière, accroître les capacités de production et faciliter l’accès aux marchés internationaux.
« Nous voulons atteindre les niveaux de promotion de l’industrie. Nous voulons être compétitifs, pouvoir exporter et faire du pagne traditionnel ivoirien une véritable filière économique », a-t-elle affirmé.
Un secteur stratégique pour le gouvernement
Le représentant du ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Kalil Konaté, a pour sa part réaffirmé l’ambition du gouvernement de faire du textile et de l’habillement une filière prioritaire.
« Notre ambition est clairement définie : opérer un saut qualitatif et technologique d’envergure. L’industrialisation de nos textiles traditionnels, par l’innovation, constitue un impératif de souveraineté économique », a-t-il déclaré.
Il a indiqué que cette orientation s’inscrit dans les ambitions du Plan national de développement (PND) 2026-2030 ainsi que dans la politique de relance de la filière coton-textile-habillement.
« Il s’agit de soutenir cette filière, de soutenir ce secteur et de développer des marques ivoiriennes fortes », a-t-il ajouté.
Durant trois jours, les panels, expositions-ventes et rencontres professionnelles permettront aux participants d’échanger sur les perspectives de la filière. À travers cette 7ᵉ édition, les organisateurs veulent poser les bases d’un secteur davantage structuré, innovant et respectueux de l’environnement, capable de valoriser le savoir-faire ivoirien et de conquérir les marchés africains et internationaux.

Kossonou

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