La tension monte à M’Badon, dans la commune de Cocody. Le 25 août 2026, des jeunes et des membres de la communauté villageoise ont organisé une marche de protestation contre la vente présumée d’une parcelle de 7 275 m² située sur l’îlot n°29 du lotissement de M’Badon. Selon la communauté, cette parcelle fait partie d’un espace d’environ deux hectares identifié comme l’emprise du cimetière coutumier.
« Le cimetière n’est pas à vendre », pouvait-on lire sur les pancartes brandies par les manifestants.
Dans une déclaration lue par Dabo Paul Nicaise, notable chargé du patrimoine et porte-parole de la chefferie, la communauté villageoise a fait part de son opposition à la cession de la parcelle. Sous l’autorité du chef Mankambou Gnanwa Affôh Esaïe, la chefferie affirme que le terrain constitue une partie du cimetière coutumier et relève du patrimoine ancestral de M’Badon.
Les responsables coutumiers indiquent que M’Badon est reconnu comme village depuis 1934 et que son cimetière coutumier aurait accueilli plusieurs générations d’ancêtres. Lors de l’urbanisation du village en 1989, l’espace aurait été intégré au plan de lotissement sous l’appellation d’îlot n°29.
La communauté affirme avoir découvert que la SCI M’Badon détient un Arrêté de Concession Définitive (ACD) n°16-1070/MCLAU/DGUF/DDUICOD-AE1/GBA portant
Selon la chefferie, Laëtitia Amagou, régulièrement convoquée pour des rencontres avec la communauté, ne se serait jamais présentée. Les différentes tentatives de dialogue n’auraient pas permis de trouver un accord. La communauté affirme avoir appris par la suite que la parcelle avait été vendue.
Plusieurs rencontres auraient été organisées entre les parties pour tenter de régler le différend, sans aboutir à une solution.
De son côté, la famille représentée par Laëtitia Amagou revendique la propriété de la parcelle et conteste la position de la communauté villageoise.« Cet espace appartient à mon défunt père. Il avait hérité d’une attestation villageoise qui nous a permis d’obtenir notre ACD il y a dix ans. Pourquoi remettre cet acquis en cause ? Je suis tranquille car le droit est avec moi », a-t-elle déclaré.
Saisie du dossier, la préfecture d’Abidjan rappelle que l’ACD constitue un acte administratif susceptible de faire l’objet de voies de recours. Dans une correspondance adressée à la communauté villageoise, elle indique que celle-ci peut saisir le ministre chargé de l’Urbanisme ou engager un recours de plein contentieux devant le Conseil d’État.
.
Views: 2




































