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Polémique autour de l’authenticité du Djidji Ayökwé : Maurice Bandama tranche « Il n’a pas été falsifié »

L'Ambassadeur Maurice Bandama rétablit la vérité

Alors que le retour imminent du tambour parleur  »Djidji Ayökwé » suscite une immense ferveur en Côte d’Ivoire, des doutes sur l’authenticité de la pièce restituée ont commencé à poindre sur les plateformes numériques. L’Ambassadeur de Côte d’Ivoire en France, Maurice Bandama, a tenu à apporter des clarifications historiques et techniques pour mettre fin à ce qu’il considère comme une confusion iconographique.

Le diplomate a d’abord tenu à rectifier une erreur d’interprétation massivement relayée sur les réseaux sociaux : une photographie d’époque montrant le fils d’un colon assis sur un tambour. Selon Maurice Bandama, cet instrument n’est en aucun cas le célèbre messager des peuples Atchan. « Celui que nous voyons sur les réseaux sociaux, sur lequel est assis le fils du colon, n’est pas le Djiodji Ayokwé », a-t-il martelé, rappelant que la dernière exposition publique certifiée de l’objet remonte aux années 80 au Musée de l’Homme à Paris.

Pour comprendre la confusion, il faut remonter à la période coloniale où les saisies étaient multiples. L’ambassadeur rappelle qu’à l’époque, l’administration coloniale cherchait à briser les velléités de révolte en confisquant les instruments de communication stratégique. « Les tambours qui appelaient la guerre, à la résistance… ont tous été enlevés », explique-t-il, précisant qu’une multitude de ces objets étaient entreposés dans la cour de l’administrateur Marc Simon. Si une partie de ce patrimoine a été dégradée par les intempéries ou détruite sur place, le Djidji Ayökwé a suivi une trajectoire singulière qui l’a conduit jusqu’en France par voie maritime.

Face aux soupçons de falsification, Maurice Bandama oppose la réalité matérielle de l’objet. Pour lui, l’expertise visuelle ne laisse place à aucun doute quant à l’origine de la pièce. « Nous voulons rassurer nos compatriotes sur l’authenticité de l’objet que nous avons avec nous. Il n’a pas été falsifié. Quand on voit la structure de l’objet, il est fait d’un seul tenant », a-t-il déclaré avec assurance. Cette facture monoxyle, caractéristique du génie sculptural des peuples lagunaires, constitue en soi une signature indélébile.

L’ambassadeur a également souligné que ce type de tambour n’est pas une relique éteinte, mais une tradition vivante. « Au Sud de la Côte d’Ivoire, chez les peuples lagunaires, Tchaman, je veux dire Ebrié, Adjoukro, Agni, on continue de produire ce type de tambour », a-t-il rappelé, inscrivant le Djidji Ayökwé dans une continuité culturelle qui permet aujourd’hui encore d’en authentifier les codes et la forme. En rétablissant ces faits, Maurice Bandama ne se contente pas de clore une polémique ; il rappelle la fonction sacrée et politique de cet instrument qui fut jadis le nerf de la communication de la résistance ivoirienne.

Ouattara Yvette

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