Face à l’inaction persistante et surtout à la forclusion juridique du bureau sortant dirigé par Ken Adamo, des figures historiques de l’Union nationale des artistes de Côte d’Ivoire (UNARTCI) ont décidé de reprendre les rênes. Cette initiative, portée par des membres fondateurs et plusieurs figures emblématiques du milieu culturel, vise à sortir l’organisation d’une léthargie qui menaçait son existence même.
En constatant que le mandat de l’équipe précédente était arrivé à son terme sans renouvellement ni bilan probant, le collectif de relance a officialisé, ce mardi 5 mai 2026 à Abidjan, la mise en place d’un Comité Ad Hoc pour assurer la transition. Gadji Celi, ancien président et pilier de l’union, a tenu à clarifier l’esprit de cette démarche lors de la cérémonie de présentation. S’il a salué le fait que la maison ait été maintenue debout, il a insisté sur l’urgence de retrouver le dynamisme et les projets structurants d’autrefois. Selon lui, l’heure est au rassemblement des forces vives pour redonner à l’UNARTCI sa stature d’antan, celle d’une force capable de porter des projets immobiliers et sociaux d’envergure pour ses membres.
« Nous ne sommes ici, pas pour attaquer quelqu’un. Au contraire, nous sommes venus pour ouvrir les bras à tous les artistes. Nous sommes venus dans un esprit d’apaisement pour reconstituer, reformer, parce qu’il y a beaucoup d’artistes,… Nous avons besoin de cette cuvée-là, de l’UNARTCI.(…) Si on n’associe pas les gens avec lesquels on a travaillé, avec lesquels on a créé une association qui a bien marché, tout le monde sait qu’ici, que l’UNARTCI a bien marché, c’est qu’on veut diriger seul », a-t-il indiqué.
Cette volonté de rupture avec une gestion solitaire et désormais illégitime se traduit par la nomination de Diallo Ticouaï Vincent à la tête de ce comité de transition. Ce dernier a pointé du doigt les carences administratives qui ont conduit à cette situation de blocage institutionnel. Pour lui, la forclusion du bureau sortant impose une restructuration profonde, passant par un audit technique et une révision rigoureuse des statuts de l’union. L’objectif est de s’assurer que les fondations juridiques de l’association ne soient plus sujettes à caution. Il a expliqué la légitimité de cette intervention en soulignant qu’il y a des défaillances au niveau de la gestion, de la régularité et de la légalité de l’exercice.
Le chantier qui s’ouvre s’annonce vaste, allant de la mise à jour des textes à la remobilisation des milliers d’artistes qui se sentaient délaissés. La mission du Comité Ad Hoc ne se limite pas à une simple gestion courante, mais vise à préparer une Assemblée générale sur des bases saines et transparentes. Diallo Ticouaï Vincent a d’ailleurs précisé la feuille de route de son équipe. « Notre mission, c’est de faire en sorte que tout ce qui était défaillant ne le soit plus. Et qu’à la lumière du rétablissement de toutes ces choses-là, l’Assemblée générale puisse s’appuyer sur des bons textes conçus, réfléchis pour rebâtir l’UNARTCI », a-t-il souligné.
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L’adhésion massive des artistes présents lors de cette rencontre témoigne d’une attente réelle de changement et d’un besoin de protection collective. Entre l’espoir de voir renaître les grands projets de l’union et la nécessité de solder les griefs du passé, la nouvelle direction de transition se voit investie d’une responsabilité cruciale. Il s’agit désormais de transformer cette volonté de réforme en une réalité tangible pour les 30 000 membres que compte l’organisation, afin que l’UNARTCI ne soit plus seulement une entité administrative en sursis, mais redevenue le moteur de la vie culturelle en Côte d’Ivoire.
Georges Badiel
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