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Côte d’Ivoire : Des acteurs de la société civile présente le « Livret Blanc » pour le renforcement de la gouvernance électorale

Des acteurs de 1 780 des Organisations de la société civile (OSC), ont procédé le vendredi 03 juillet 2026 à Cocody-Abidjan, lors d’une conférence de presse, à la présentation du « Livret Blanc », consu pour le renforcement de la gouvernance électorale.

A cette rencontre, Anne Nadège Assouhan, du Centre Ahou, a indiqué que le document est le fruit d’une démarche collective menée par 1 780 organisations de la société civile, autour d’une réflexion sur l’avenir de la gouvernance électorale en Côte d’Ivoire. « L’ initiative intervient dans un contexte particulier. Les élections de 2025 ont, une nouvelle fois, mis en évidence les défis qui continuent de traverser notre système électoral. Si elles ont confirmé la vitalité de notre vie démocratique, elles ont également révélé la persistance de fragilités institutionnelles qui alimentent les interrogations, entretiennent les tensions et affectent durablement la confiance des citoyens », a signifié Anne Nadège Assouhan.

Poursuivant, elle a expliqué que la dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI) ouvre une séquence décisive. Elle offre l’opportunité de penser une réforme qui ne se limite pas au remplacement d’une institution par une autre, mais qui permette de consolider durablement la gouvernance électorale de notre pays. « C’est dans cet esprit que les organisations de la société civile ont élaboré le présent Livret Blanc. Leur démarche repose sur une conviction simple : une réforme durable de la gouvernance électorale doit s’appuyer sur l’indépendance, la compétence, l’inclusivité et la transparence », a-t-elle déclaré.

Selon elle, le Livret Blanc propose des recommandations à l’endroit de plusieurs acteurs ainsi que la création d’un nouvel organe de gestion électorale conçu comme une institution publique indépendante, reposant sur une séparation claire des responsabilités stratégiques, techniques et pédagogiques. La nouvelle architecture s’articule autour de trois composantes complémentaires : une Commission électorale d’experts, un département général du fichier électoral et un département général de l’éducation civique et électorale.

« La composition de la commission d’experts repose sur la participation de plusieurs composantes de la nation : les organisations de la société civile, les partis politiques de la majorité et de l’opposition, les organisations de femmes, les organisations de personnes en situation de handicap, les organisations de jeunesse, le monde de la recherche, l’Ordre des avocats ainsi que le Conseil supérieur de la magistrature. Cette composition est complétée par plusieurs garanties institutionnelles : un mandat unique de six ans, un statut d’institution publique indépendante, le recrutement des directeurs par appel public à candidatures et la recherche d’un consensus politique préalable pour la désignation des membres de la Commission », a-t-elle précisé.

Au-delà de cette réforme institutionnelle, elle a ajouté que le Livret formule plusieurs recommandations destinées à renforcer la crédibilité du processus électoral. Il préconise notamment une révision annuelle transparente de la liste électorale avec une évolution progressive vers un enregistrement permanent, la digitalisation sécurisée des procès-verbaux et de la proclamation des résultats, la publication des résultats désagrégés par sexe et par âge à l’échelle des bureaux de vote, entre autres.

Elle a ajouté en fin que le document propose une feuille de route progressive, afin d’accompagner la mise en œuvre de cette réforme, avant de lancé un appel à l’appropriation. « La société civile appelle l’ensemble des acteurs nationaux à examiner ces propositions dans un esprit d’ouverture, de dialogue et de responsabilité, et à les inclure dans les discussions en cours. Elle se tient disponible pour poursuivre les échanges avec les autres organisations de la société civile et les différentes parties prenantes», a-t-elle insisté.

Kheylia Mohira

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