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Gestion du football ivoirien : Malick Traoré se déchaine : « Comment viser l’excellence quand on encourage la médiocrité dans l’ombre ? »

Malick Traoré s'insurge contre la gestion du football ivoirien

L’élimination précoce de la Côte d’Ivoire de la Coupe du Monde 2026, au terme d’un parcours particulièrement décevant, n’a pas fini de faire des vagues. Si la déception est immense chez les supporters, c’est la sortie médiatique fracassante du journaliste sportif ivoirien Malick Traoré qui cristallise aujourd’hui toutes les attentions.

Connu pour son ton d’ordinaire mesuré, le présentateur de NCI a troqué sa réserve habituelle pour un réquisitoire sans concession contre les instances dirigeantes du football national, brisant une omerta qu’il juge désormais insupportable. Pour Malick Traoré, l’échec des Éléphants sur la scène textuelle mondiale n’est que la conséquence logique d’un mal plus profond qui ronge le football ivoirien depuis les coulisses. Le journaliste pointe directement du doigt une crise de gouvernance où les ambitions individuelles l’emportent sur l’amour du maillot. « Tant que les intérêts personnels seront au-dessus de l’intérêt collectif, l’équipe nationale de Côte d’Ivoire ne gagnera jamais sur la durée », a-t-il martelé. Selon son analyse, le football ivoirien est condamné à l’irrégularité s’il ne change pas de paradigme, prévenant qu’« il y aura des coups d’éclat, mais difficile d’installer des succès dans le temps ».

Le nœud du problème réside, selon lui, dans une culture du déni et de la division qui empêche toute autocritique constructive au sein de la fédération et de l’entourage de la sélection. Face à ce constat, le journaliste s’interroge ouvertement sur les priorités de ceux qui pilotent la destinée sportive du pays. Il lance une série de questions rhétoriques incisives. « Comment l’égo peut passer avant l’intérêt de la nation ? Comment expliquer que quand les problèmes sont mis sur le tapis on regarde le messager au lieu de s’intéresser au message ? Comment viser l’excellence quand on encourage dans l’ombre la médiocrité ? Comment rassembler quand il n’y a pas de dialogue mais plutôt une division sans précédent dans le football ? », a-t-il questionné. Face à ce tableau sombre, il a déclaré fermement : « J’ai décidé de ne plus me taire… ».

Fossé infrastructurel et managérial

Pour illustrer ce qu’il qualifie de dysfonctionnement systémique, Malick Traoré met en lumière le fossé infrastructurel et managérial qui sépare la Côte d’Ivoire des grandes nations de football. Il cite en exemple la France avec le centre de Clairefontaine et le Maroc avec le complexe Mohammed VI. Dans ces pays, rappelle-t-il, toutes les catégories de sélections bénéficient des mêmes conditions optimales pour performer au plus haut niveau. En revanche, le tableau ivoirien est bien différent puisque le Centre Technique National de Bingerville reste exclusivement réservé aux équipes féminines et de jeunes.

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Cette mise à l’écart volontaire de l’équipe fanion masculine cache, selon le journaliste, un problème de mentalité persistant. Interrogé sur les raisons de cette situation, il rapporte s’être entendu dire que la sélection A exigeait un certain « standing » jugé incompatible avec les installations de Bingerville. Une explication qui sonne comme un aveu d’échec pour le chroniqueur, qui préfère laisser le public face à ses responsabilités. « Que chacun(e) se fasse sa propre opinion… », a-t-il conclu. Reste à savoir si ce cri du cœur agira comme un électrochoc pour le football ivoirien à l’heure des bilans de ce Mondial.

Georges Badiel

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