En présentant son nouveau pacte social le jeudi 02 juillet, Laurent Gbagbo a choisi la voie de l’apaisement et du dialogue direct. Le président du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) a profité de cette tribune pour afficher une volonté claire d’ouverture face aux tensions politiques et aux défis sociaux qui animent le pays.
L’ancien chef de l’État s’est dit pleinement disposé à engager des discussions avec le gouvernement, notamment sur la refonte du mécanisme électoral, tout en réaffirmant son rôle historique de défenseur des populations. Cette prise de parole a également permis à Laurent Gbagbo de clarifier la position de sa formation, absente de la rencontre du 22 juin dernier avec les partis politiques et la société civile. Loin de s’enfermer dans une logique de boycott permanent, il a justifié ce rendez-vous manqué par un simple manque de visibilité sur l’ordre du jour, tout en réitérant sa disponibilité immédiate pour de futurs échanges. Le leader du PPA-CI a ainsi tendu la main à l’exécutif, malgré une posture gouvernementale qu’il qualifie au passage de « saugrenue ». « Je n’ai pas de pouvoir, de ligne rouge. Je dis qu’il vaut mieux discuter que de faire la guerre », a-t-il déclaré. « C’est lui.(Alassane Ouattara) qui a le pouvoir donc qui a la position de force dans le dialogue. Je suis prêt à discuter à tout moment, sans poser de ligne rouge.», a-t-il souligné.
Concernant les réformes électorales à venir, le président du PPA-CI a précisé que son parti ne céderait pas à la précipitation. La formation de l’opposition ne se prononcera qu’après la finalisation de ses structures internes issues de son récent congrès, assurant que sa voix se fera entendre en temps voulu par le biais de propositions concrètes.
Pour Laurent Gbagbo, ce dialogue de sommet ne doit pas pour autant occulter l’urgence sociale. Évoquant les vagues de déguerpissements en pleine saison des pluies et les inondations qui frappent actuellement Abidjan, il a lié son nouveau projet à sa longue trajectoire politique. Il considère que le pacte social et le mouvement de contestation « Trop c’est trop » lancé en 2023 sont les deux faces d’une même pièce qui traduit sa pensée sociale profonde.
Déplorant le mal-logement, la destruction des habitations et le manque d’opportunités pour les femmes et les jeunes, il a appelé les futurs dirigeants à une plus grande proximité avec les réalités ivoiriennes. « Nous voyons souvent des scènes qui sont difficiles à supporter. C’est pourquoi la politique ne devrait pas en rajouter », a soutenu le leader du PPA-CI. « Ceux qui cassent même n’ont pas pitié. Quand tu vois les maisons, tu dois pleurer et te retourner », a-t-il réagi sur les recentes opérations de déguerpissement. En rappelant sa propre expérience de terrain en tant qu’ancien député et chef de l’État, Laurent Gbagbo repositionne le PPA-CI au centre du jeu politique, oscillant entre une main tendue pour la stabilité de la nation et une critique ferme de la gestion sociale actuelle.
Georges Badiel
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