À l’occasion de sa 10e édition, l’Adayé Kessiè Festival entend célébrer une décennie d’engagement en faveur de la paix, de la cohésion sociale et de la préservation du patrimoine culturel. Prévu du 24 au 28 novembre 2026 à Tabagne, dans le Gontougo, autour du thème « La hiérarchie traditionnelle en partage », cet événement réunira les peuples Akan et leurs alliés, notamment des communautés venues du Ghana. Bini Ouattara Daouda, président de la Fondation Adayé Kessiè Festival, a présenté les grandes ambitions de cette édition anniversaire.
Une célébration placée sous le signe du vivre-ensemble
Pour cette édition spéciale, la Fondation entend mobiliser les peuples Agni, Baoulé, Akyé, Abé et leurs communautés apparentées, ainsi que les alliés des Brons, notamment les Koulango, les Dioula de Kong et les Sénoufo. La participation de communautés parentes du Ghana est également annoncée, renforçant ainsi la dimension transfrontalière de cette rencontre culturelle.
Au-delà de la célébration des traditions, le festival ambitionne de consolider les liens entre les communautés. Des signatures de chartes de cohésion sociale et de paix sont notamment prévues. Une initiative qui vise à pérenniser les acquis de dix années d’engagement.
« En dix ans, nous avons contribué à la cohésion et à la paix », souligne Bini Ouattara Daouda, qui souhaite faire de cet anniversaire un symbole fort de l’unité et de l’harmonie entre les peuples.
La diplomatie coutumière au cœur des réflexions
Le thème « La hiérarchie traditionnelle en partage » met en exergue le rôle des autorités coutumières dans la prévention et la résolution des conflits. Pour le président de la Fondation, la diplomatie traditionnelle constitue un levier essentiel dans la recherche de solutions consensuelles aux différends sociaux.
À travers leurs concertations et leur médiation, les chefs traditionnels contribuent au règlement des conflits et à la préservation de la paix au sein des communautés. Une approche que Bini Ouattara Daouda appelle à davantage valoriser et structurer, afin de renforcer son impact sur la cohésion sociale, le développement et la construction d’une paix durable.
Un partenariat scientifique avec l’Université de Bondoukou en perspective
Pour marquer cette décennie, la Fondation souhaite également donner une dimension scientifique accrue au festival. Parmi les innovations annoncées figure un rapprochement avec l’Université de Bondoukou.
Des échanges sont en cours avec les responsables de cette institution pour confier désormais les travaux scientifiques du festival à des chercheurs et universitaires. Cette collaboration vise notamment à documenter et à réécrire l’histoire des peuples concernés, longtemps transmise essentiellement par la tradition orale.
« Nous devons réécrire notre propre histoire en comptant sur nos universités et nos chercheurs », affirme Bini Ouattara Daouda.
Cette démarche devrait contribuer à la sauvegarde, à la documentation et à la transmission du patrimoine culturel aux générations futures.
Un appel à la réhabilitation des voies d’accès
En marge des préparatifs, le président de la Fondation a lancé un appel aux pouvoirs publics et aux partenaires au développement pour le reprofilage de la route Gouméré–Tabagne, ainsi que des principales artères de la localité. Cette sollicitation vise à faciliter la circulation des personnes et des biens, et à améliorer les conditions d’accueil des festivaliers durant les célébrations.
À travers cette 10e édition, l’Adayé Kessiè Festival entend franchir une nouvelle étape de son histoire. Entre traditions, diplomatie coutumière, recherche scientifique et promotion de la paix, ce rendez-vous culturel se positionne comme un cadre majeur de renforcement de la cohésion sociale et de valorisation de l’identité des peuples.
Kossonou
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