La Côte d’Ivoire Souveraine (CIS), présidée par Dr Ahoua Don-Mello, invite le gouvernement ivoirien à transformer sa participation au troisième Sommet Russie-Afrique en opportunités économiques concrètes. Dans une déclaration publiée le 4 novembre 2026, le mouvement politique formule cinq propositions à l’endroit du ministère des Affaires étrangères, avec pour priorités la réduction du coût de la vie, la diversification des partenariats et le renforcement de la souveraineté énergétique.
La participation de la Côte d’Ivoire au troisième Sommet Russie-Afrique, tenu les 28 et 29 octobre 2026 à Moscou, continue de susciter des réactions sur la scène politique nationale. La Côte d’Ivoire Souveraine (CIS) salue cette initiative diplomatique du gouvernement, qu’elle considère comme une occasion de renforcer la souveraineté économique du pays et de diversifier ses partenariats stratégiques.
Toutefois, pour le mouvement politique dirigé par Dr Ahoua Don-Mello, cette présence ne doit pas se limiter à une simple démarche diplomatique. Elle doit traduire une volonté politique de tirer profit de l’émergence d’un monde multipolaire au bénéfice des populations ivoiriennes.
Dans sa déclaration, la CIS estime notamment que les retombées de cette coopération devraient contribuer à atténuer la cherté de la vie, en particulier à travers la négociation de prix préférentiels sur des produits stratégiques tels que le pétrole, le blé et les engrais. Le mouvement établit un lien entre la hausse des prix de l’énergie et l’augmentation du coût de nombreux produits de consommation, notamment la viande, le poisson, les produits vivriers et l’électricité.
Évoquant également les mouvements de protestation de femmes à Abobo et à Yopougon, la CIS appelle à des réponses urgentes face aux difficultés économiques des ménagments.
Pour traduire cette ambition en actions concrètes, Dr Ahoua Don-Mello soumet cinq propositions au ministre d’État, ministre des Affaires étrangères.
La première porte sur la création, si elle n’existe pas déjà, d’une **commission mixte russo-ivoirienne**. Celle-ci servirait de cadre institutionnel aux négociations directes entre les deux États, sous la coordination du ministère des Affaires étrangères.
La deuxième proposition concerne la substitution de la « loi de la diplomatie à la loi du marché » dans les secteurs stratégiques du pétrole, du blé et des engrais. La CIS préconise des négociations directes, des contrats d’approvisionnement à long terme et des mécanismes de coopération permettant d’obtenir des coûts réduits. En contrepartie, elle suggère de faciliter l’exportation directe vers le marché russe de produits ivoiriens tels que le cacao, le café, l’hévéa, la noix de cajou et les fruits tropicaux.
La troisième proposition vise la création d’une filiale de la Banque nationale d’investissement (BNI) en Russie. Cette structure aurait pour mission de faciliter les opérations d’import-export et les investissements des opérateurs économiques ivoiriens. Elle permettrait également, selon la CIS, de développer les échanges en monnaies locales et de réduire certaines contraintes liées aux devises tierces et aux infrastructures financières internationales.
Sur le plan énergétique, la quatrième proposition porte sur l’ouverture de discussions avec Rosatom, l’entreprise publique russe spécialisée dans le nucléaire, en vue d’engager les étapes nécessaires à la mise en place d’un programme de nucléaire civil en Côte d’Ivoire. Pour Ahoua Don-Mello, cette option pourrait contribuer à garantir une production d’électricité abondante, compétitive et décarbonée, indispensable à l’accélération de l’industrialisation du pays. Il cite notamment l’expérience de l’Égypte comme référence.
Enfin, la cinquième proposition met l’accent sur le contrôle citoyen et la transparence dans la mise en œuvre des éventuels accords entre Abidjan et Moscou. La CIS demande la publication des engagements conclus, l’instauration d’un mécanisme de suivi parlementaire et citoyen ainsi qu’une transparence sur les coûts, les bénéficiaires et les résultats attendus.
À travers ces cinq propositions, la Côte d’Ivoire Souveraine entend placer le pouvoir d’achat, l’emploi et la dignité des populations au centre de la coopération ivoiro-russe.
Pour Dr Ahoua Don-Mello, les relations diplomatiques ne doivent pas rester de simples déclarations d’intention, mais devenir des instruments de souveraineté économique et de progrès social.
Reste désormais à savoir quelle suite le gouvernement donnera à ces propositions, formulées dans un contexte où la question du coût de la vie demeure une préoccupation majeure pour les populations.
Fatoumata Ouédraogo
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