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Brésil : Lula et Flávio Bolsonaro s’affrontent dans un second tour présidentiel sous haute tension

Les Brésiliens sont appelés aux urnes ce dimanche 25 octobre pour départager deux candidats aux visions radicalement opposées : le président de gauche Luiz Inácio Lula da Silva, qui brigue un nouveau mandat de quatre ans, et le sénateur d’extrême droite Flávio Bolsonaro, fils aîné de l’ancien président Jair Bolsonaro. Quelque 160 millions d’électeurs sont invités à participer à ce scrutin particulièrement serré, selon les derniers sondages.

À São Paulo, capitale économique du pays, plusieurs dizaines d’électeurs se sont présentés très tôt devant un bureau de vote du centre-ville, rapporte notre envoyé spécial Achim Lippold. La police militaire y assure une présence renforcée afin de garantir la sécurité du scrutin.

La question de l’insécurité occupe une place centrale dans cette élection, considérée comme l’une des plus disputées depuis le retour de la démocratie au Brésil. Au-delà de la confrontation entre deux personnalités politiques, les électeurs doivent choisir entre deux projets de société profondément différents. Durant sa campagne, Lula a mis en avant ses politiques sociales et la lutte contre les inégalités, tandis que Flávio Bolsonaro a fait de la lutte contre la criminalité l’une de ses principales priorités.

Âgé de près de 81 ans, Lula joue ce qui pourrait être sa dernière grande bataille politique. Il espère inverser la tendance après avoir été devancé au premier tour, le 4 octobre, avec 45 % des suffrages contre 47 % pour son rival, selon les chiffres rapportés. Flávio Bolsonaro, sénateur et fils aîné de Jair Bolsonaro, entend ainsi ramener l’extrême droite au pouvoir après la présidence de son père, qui a dirigé le Brésil de 2019 à 2022.

Deux candidats, deux visions du Brésil

Après avoir voté dans son fief électoral de São Bernardo do Campo, près de São Paulo, Lula s’est exprimé devant les journalistes. Le président sortant a présenté cette élection comme un choix symbolique entre le drapeau brésilien et celui des États-Unis. Les électeurs doivent, selon lui, « choisir un pays où le drapeau est respecté ». Il a également accusé son adversaire conservateur de vouloir « gouverner avec le drapeau américain ».

De son côté, Flávio Bolsonaro a voté dans le quartier de Tijuca, à Rio de Janeiro. À sa sortie du bureau de vote, le sénateur s’est montré confiant et souriant. « L’heure de la joie et du changement a sonné », a-t-il déclaré à la presse, affirmant avoir mené une bonne campagne et se disant convaincu que le Brésil sortirait gagnant de cette journée électorale. Il devait ensuite suivre le dépouillement depuis Brasília, la capitale fédérale.

À Rio de Janeiro, malgré une pluie battante, les partisans des deux camps se sont mobilisés devant les bureaux de vote dans une atmosphère particulièrement tendue, rapporte notre correspondante Sarah Cozzolino. Les électeurs interrogés expriment à la fois leurs espoirs et leurs inquiétudes quant à l’issue du scrutin.

Elizabeth, une électrice noire qui soutient la famille Bolsonaro depuis 2018, explique que son choix repose principalement sur la volonté de lutter contre le crime organisé. Si elle reconnaît avoir des doutes sur la fiabilité des urnes électroniques, elle reste convaincue de la victoire de son candidat.

La tension est tout aussi palpable dans le camp de Lula. Réunis samedi soir dans un café situé face à un bureau de vote, plusieurs de ses sympathisants ont fait part de leur inquiétude. Igor, le gérant de l’établissement, redoute notamment les conséquences d’une éventuelle victoire de l’extrême droite.

L’abstention, un facteur décisif

L’un des principaux enjeux de ce second tour reste la participation électorale. Au premier tour, l’abstention a atteint un niveau record, malgré le caractère obligatoire du vote au Brésil. Cette faible mobilisation aurait davantage pénalisé Lula, qui a multiplié les appels à ses électeurs durant la dernière semaine de campagne. Reste à savoir si ces efforts se traduiront par une hausse de la participation dans les urnes.

Le premier tour s’était déroulé sans incident majeur, à l’exception de difficultés signalées dans certaines régions reculées. Des membres de communautés autochtones n’avaient notamment pas pu rejoindre leurs bureaux de vote en raison du manque de moyens de transport. Les autorités affirment avoir pris des dispositions pour éviter que ces problèmes ne se reproduisent.

Un scrutin aux répercussions régionales

Au-delà des frontières brésiliennes, cette élection revêt une importance particulière pour l’équilibre politique de l’Amérique latine. Le résultat déterminera si le Brésil poursuit son orientation à gauche sous la direction de Lula ou s’inscrit dans la dynamique de progression des forces conservatrices et de droite observée dans plusieurs pays de la région, un mouvement encouragé par le président américain Donald Trump.

Toutefois, Donald Trump n’a pas apporté de soutien explicite à Flávio Bolsonaro, malgré les liens politiques qui unissent Washington à son père, Jair Bolsonaro. L’ancien chef de l’État, qui a dirigé le Brésil de 2019 à 2022, purge une peine de 27 ans de prison à domicile après avoir été condamné pour avoir tenté de se maintenir au pouvoir à la suite de sa défaite électorale de 2022.

Dans un climat marqué par la polarisation politique, les préoccupations sécuritaires et les incertitudes liées à la participation, les électeurs brésiliens s’apprêtent ainsi à trancher entre deux orientations opposées pour l’avenir de leur pays.

Source: RFI

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