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Lutte contre le trafic des enfants : Un réseau d’exploitation démantelé à Jacqueville

Une opération menée conjointement par la Police nationale et Interpol a permis de démanteler un réseau suspecté de traite de personnes à des fins d’exploitation économique à Jacqueville. L’intervention, orchestrée le lundi 8 juin 2026 par la Sous-Direction de la Lutte contre la Traite des Enfants et la Délinquance Juvénile, s’est déroulée dans le quartier Maoko du village de Grand-Jacques.

Déclenchée à la suite d’une dénonciation anonyme, cette offensive a mené à la libération de seize victimes et à l’interpellation de quatre trafiquants présumés. Le groupe de personnes secourues est composé de dix mineurs et de six majeurs. Parmi ces ressortissants étrangers, on dénombre onze personnes de nationalité togolaise et cinq de nationalité ghanéenne. Du côté des suspects, les forces de l’ordre ont arrêté trois hommes et une femme, tous originaires du Ghana, qui seront rapidement déférés devant le Pôle pénal économique et financier pour répondre des faits qui leur sont reprochés. Selon les premiers éléments de l’enquête, le recrutement s’est opéré à Aflao, une ville frontalière stratégique entre le Ghana et le Togo.

Les rabatteurs avaient appâté leurs cibles en leur promettant des emplois formels et lucratifs en Côte d’Ivoire dans le secteur de la transformation et du commerce halieutique. Les hommes devaient intégrer des poissonneries tandis que les femmes se voyaient proposer des postes dans le fumage de poisson, le tout contre un salaire journalier attractif oscillant entre 30 000 et 50 000 francs CFA. La réalité s’est avérée dramatiquement différente à leur arrivée à Jacqueville. Les hommes ont été contraints à la pêche en haute mer dans des conditions extrêmes, tandis que les femmes subissaient des cadences épuisantes de fumage de poisson du soir jusqu’au matin.

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Pire encore, aucune rémunération ne leur a été versée et chaque contestation était réprimée par des violences physiques. Désormais hors de danger, les seize victimes ont été confiées au Comité National de Lutte contre la Traite des Personnes pour bénéficier d’une prise en charge globale.

Georges Badiel

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